L’art du pastel au Petit Palais

Odilon Redon, Vieil Ange, 1892-1895 © Petit Palais / Roger-Viollet
Odilon Redon, Vieil Ange, 1892-1895 © Petit Palais / Roger-Viollet

Pour la première fois, jusqu’au 8 avril 2018, le Petit Palais présente une sélection de près de 150 pastels, qui se caractérise par sa grande diversité stylistique.
Nous admirons ainsi des œuvres de Berthe Morisot, Auguste Renoir, Paul Gauguin, Mary Cassatt et Edgar Degas, ou encore d’artistes symbolistes comme Alphonse Osbert ou Émile-René Ménard, ainsi qu’un ensemble absolument remarquable d’œuvres d’Odilon Redon.

L’exposition interpelle donc par l’étendue des styles représentés, nous proposant ainsi un panorama exhaustif des principaux courants artistiques de la seconde moitié du XIXe siècle; mais aussi par l’originalité de la technique mise à l’honneur, souvent renvoyée au deuxième plan dans les espaces d’exposition classiques. Une technique plus qu’intéressante par la singularité de sa matière et sa façon d’être travaillée, car la rapidité d’exécution qu’elle permet donne l’occasion à la créativité spontanée de se déployer pleinement.

James Tissot, Berthe, 1883 © Petit Palais / Roger-Viollet
James Tissot, Berthe, 1883 © Petit Palais / Roger-Viollet

 

 

Enfin, le parcours de l’exposition structuré en cinq sections à la fois chronologiques et thématiques offre une visite naturelle et intuitive, sans se perdre parmi l’effervescence artistique du XIXe siècle !

Du naturalisme au symbolisme tout en savourant la vie mondaine de cette « Belle Epoque », on ne saurait qu’être séduit par ce voyage dans le temps haut en couleurs !

Juliette GUYON, étudiante Ecole du Louvre

Démons, la pièce qui brouille la frontière entre amour et haine

Un appartement, un couple, des rires hystériques entre deux insultes, du cynisme dérivant vers une haine assumée, un amour destructeur: c’est au Théâtre Monfort que Lucrèce Carmignac et Antonin Meyer Esquerré interprétaient la pièce Démons de Lorraine de Sagazan, librement inspirée de celle de Lars Norén.

« Au fond c’est une banale histoire entre un homme et une femme. » nous informe le site du théâtre. Et c’est bien cela qui est le plus frappant tout le long de la représentation: nous ne pouvons nous empêcher de nous reconnaître dans ces deux humains qui ont soif de vie; de ressentir une profonde empathie pour ces deux êtres souffrants que nous avons été ou serons tous un jour.

demons-1B-BD 2C’est non seulement plusieurs tableaux dans lesquels chacun y trouvera une partie de soi, mais aussi un avertissement que nous livrent les deux acteurs, naturels à en faire peur. Leur interaction avec le public, leur invitation à intégrer ce dernier dans la pièce, à l’impliquer alors dans les déboires sentimentales de ce couple déchu en lui faisant endosser le rôle du voisinage de l’immeuble ne peut que nous laisser une impression troublante à la sortie. Une manière plus que marquante de nous rappeler que cela ne tient à rien, que l’on pourrait retrouver ce couple n’importe où …

Enfin, c’est empli d’une lourde réflexion que l’on quitte la salle, l’esprit hanté par cette grande question de la frontière entre amour et haine; par cette ombre pesante des dérives malsaines de l’amour.
Une perle rare si vivante qu’on en ressort troublé, mais une oeuvre d’une beauté époustouflante, par sa puissance émotionnelle qui ne laisse personne indifférent.

DEMONS

LORRAINE DE SAGAZAN • CIE LE THÉÂTRE DE LA BRÈCHE

Période : du 26 septembre au 14 octobre 2017
Heure : 19h30
Lieu : 75 – 15ème arrondissement
Le Monfort théâtre, Parc Georges Brassens 106 rue Brancion 75015 Paris

Visite de l’exposition Paris : Medusa Bijoux et Tabous

medusa expo parisUn voyage dans le bijou !


Sortie culturelle TaliVera

« Le bijou ? Parure, objet d’art, objet précieux, objet ornemental, objet féminin, oeuvre d’art ?

Il y a de quoi être perdu !

A priori, la visite d’une exposition sur le bijou semble assez originale.

De quoi parlons-nous ? Il ne s’agit pas de grands artistes, de grandes oeuvres… des créateurs ?  

L’histoire du bijou existe t-elle ?

On peut se le dire, on parle de quoi finalement ? Des objets portés par les femmes ? La moitié des gens ?

expo medusa une-fonction-tres-precieuse,M458925A bas les préjugés ! Interpellé et questionné sur cet objet ambivalent lourd de symboliques, et de ses utilisations selon la culture, ancienne ou moderne, on ressort de cette exposition en ayant réellement appris et jamais plus vous ne verrez un bijou comme avant !

L’exposition du Musée d’Art Moderne de Paris présente plus de 400 bijoux d’artistes et de bijoutiers. Découvrir cette exposition en visite libre est possible car les étiquettes sont très bien faites.

Le parcours de l’exposition est très bien construit à travers quatre thématiques : l’identité, la valeur, le corps, et le rite. Suivez-le ! Un regard inédit sur le bijou qui révèle certains tabous ! »

Sortie du 28/07/2017

De nouvelles sorties pour visiter cette exposition sont prévues à la rentrée 2017: Réserver la visite exposition medusa-bijoux-et-tabous

Période de l’exposition : du au 

Vermeer un génie oui, mais pas si solitaire…

Visite guidée le 12 avril 2017 en nocturne conduite par notre conférencière, Sandra Benoit.

Nous étions 22 personnes au rendez-vous à côté de la pyramide inversée. Avec impatience, le petit groupe se dirige dans les salles de l’exposition.

Cette exposition est exceptionnelle pour voir les tableaux de Johannes Vermeer à Paris, un événement, et je vous le recommande vivement, mais également pour l’immersion dans la peinture de genre du 17ème siècle en comparant ses oeuvres à celles des autres peintres de sa période. Notre conférencière, Sandra nous donne des repères, des clés, et nous permet de bien comprendre et d’apprécier pleinement les oeuvres en montrant sur sa tablette les détails, les symboles qui sont dans les tableaux.

La Hollande…

A travers la douzaine de tableaux du peintre mis en juxtaposition thématique avec des peintures de ses pairs, on  » réalise » ainsi le génie du peintre. Au delà des scènes, il y a la lumière, l’intemporalité…

A chaque tableau, Vermeer nous entraine dans une méditation. Le temps est suspendu. Le vrai transparait. La différence est là, devant nous !

ob_bbdce5_la-peseuse-dor-johannes-vermee-2Vermeer : Femme à la balance. Washington, National Gallery of Art

Que de symboles !

La morale calviniste suggérée par la bougie, allumée ou éteinte…

Le chien et son attitude,

La pipe,

Le miroir,

Le carreau cassé,

Le vin,

La perroquet.

Y en a t-il d’autres ?

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Frans Van Mieris : Le Duo, 1658. Huile sur panneau, 31,5 cm x 24,6. BPK, Berlin, Dist RMN-Grand Palais / Image Staatliches Museum Schwerin

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Vermeer : la Dentellière, vers 1669-1670. Huile sur toile marouflée sur panneau, 24,5 cm x 21. RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Gérard Blot

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La visite guidée se termine aux alentours de 20H30.  Certains y retournent, d’autres rentrent et quelques-uns sont partants pour échanger autour d’un verre, une occasion sympathique de faire connaissance et de partager ce que l’on a découvert.

Un bon moment de rencontre !

Chacun se présente et on discute vite sur le métier ou les centres d’intérêts de l’un ou l’autre. On revient tout de même sur le sujet qui nous réunit. En vrac, on partage ce qui nous a marqué, à chaud ! Et, les réactions, diverses sur l’exposition, ont été notamment :

« La touche de Vermeer est absolument évidente, incroyable, unique ! »

« La Laitière » Quelle chance de discuter avec une collaboratrice de l’entreprise au fameux yaourt !

« Les symboles… »

« Réaliser combien les sujets et les thèmes étaient identiques entre les peintres. »

Une magnifique et très enrichissante soirée culturelle !

Du beau, du bon, de l’émotion, à la Fondation Vuitton !

jolies couleurs, joli Buren © G. Héras

Visite après-midi Talivera de la collection Chtchoukine à la Fondation Vuitton.

Première impression en arrivant sur place : de la couleur par les aplats de verre de Daniel Buren sur la façade de ce gigantesque navire sur l’eau en plein Jardin de l’Acclimatation. Un heureux mélange de couleurs primaires: bleu, orange, vert, jaune et violet. C’est déjà une réussite et cela nous met dans l’ambiance des oeuvres que nous allons voir… Car il faut le rappeler la collection de ce grand mécène russe du XIXème siècle rassemble de nombreux chefs-d’oeuvres de l’art moderne français, d’artistes tels que Matisse, Gauguin, Cézanne, Picasso…

Qui est ce Sergueï Chtchoukine ? C’est presque le « Bernard Arnault » russe du XIXème. Grand magnat du textile, il avait constitué un véritable trésor qui rassemblait pas moins de 275 oeuvres d’artistes de l’art moderne français. Son inventaire donne presque le vertige : 54 Picasso (tiens c’est drôle lui qui ne l’appréciait pas tant que cela), 41 Matisse (l’ami de toujours), 16 Gauguin (l’exotisme mais aussi l’iconostase), 13 Monet, sans compter, quelques Degas, Manet, Maurice Denis, Toulouse-Lautrec et des Cézanne (bref, les pères de la modernité). Autant d’oeuvres élevées ainsi au rang d' »icônes »! Et oui, c’est bien le titre de cette exposition : « Icônes de l’art moderne« .

André Derain, couleurs ocres et soleil © G. Héras
André Derain, couleurs ocres et soleil
© G. Héras

Evidemment, ce grand rassemblement fait le buzz et on profite de l’attente dans la file (des réservations) pour faire le point sur cette incroyable collection de peintures… On débat, on se pose des questions, on espère voir les Matisse, tant convoités car il faut le dire, toutes ces pièces ont été dispersées entre le musée Pouchkine à Moscou et le musée de l’Ermitage à St Petersbourg. On prend le temps de connaître mieux ce personnage et on se rend compte que sa collection de peintures est intimement liée à sa vie privée. Chtchoukine a connu des drames dans sa vie : deux de ses fils se sont suicidés et sa première épouse est morte d’un cancer foudroyant. Il se retrouve à acheter en masse et à se réfugier en quelque sorte dans son univers à l’intérieur de son palais Troubetskoï.

Il faut dire que ses premiers achats ne sont pas des moindres. Ce sont des Monet, des Pissarro… Il a su s’entourer de bonnes personnes et notamment des célèbres marchands d’art français de l’époque comme Ambroise Vollard ou Paul Durand-Ruel.

Les tableaux impressionnistes, Nabis et Post-symbolistes sont dans la première salle de l’exposition et réellement mis en valeur par l’utilisation d’un fond gris et d’une réinterprétation de la salle du palais Troubetskoï où ces tableaux étaient exposés.

Puis, nous traversons les étages pour arriver à la salle des Gauguin qui explosent à notre visage tellement les couleurs sont vives et magnifiques. Du jaune, du rose, de la couleur dorée des corps des femmes polynésiennes, coupent le souffle. Nous continuons notre ascension pour arriver à l’immense salle des Matisse, le maître du Fauvisme.

Grands formats, et là, la « Desserte Rouge » nous émerveille : du rouge que du rouge agrémentée de bleu. Autant d’aplats de couleurs qui crée presque la profondeur du tableau. C’est notre oeil qui crée la perspective car Matisse peint en simplifiant les formes et les couleurs et réussit à nous transmettre une certaine émotion de joie… et d’apaisement lorsque l’on regarde sa toile des « Poissons rouges ».

 

La "Desserte rouge" de Matisse"... Explosion de couleurs ! © G. Héras
La « Desserte rouge » de Matisse »… Explosion de couleurs !
© G. Héras
Les poissons rouges de Matisse Calme et joie des couleurs © G. Héras
Les poissons rouges de Matisse (détail)
Calme et joie des couleurs
© G. Héras

Les dernières salles sont consacrées au cubisme et aux débuts de l’abstraction. Plusieurs Picasso sont exposés et mis en parallèle avec les oeuvres d’artistes russes contemporains comme Kasimir Malévitch, Olga Gontcharova ou encore Vladimir Tatline. En effet, il faut rappeler que Chtchoukine faisait « visiter » sa collection à la grande bourgeoisie russe et aux artistes voulant connaître l’art français moderne. Cette influence fut très importante sur eux et est à l’origine de l’avant-garde russe artistique.

La dame à l'éventail de Picasso Cubisme, Afrique... © G. Héras
La dame à l’éventail de Picasso
Cubisme, Afrique…
© G. Héras
La porteuse d'eau de Kasimir Malévitch Cubisme et influence de Picasso indéniable... © G. Héras
La porteuse d’eau de Kasimir Malévitch
Cubisme et influence de Picasso indéniable…
© G. Héras

Magnifique collection réparties sur les quatre étages de la Fondation… Tant de choses à voir et à échanger pour le groupe au Frank, le restaurant du musée. Une première et unique impression :  la COULEUR omniprésente… Autour d’un thé gourmand, nous avons pu également échanger sur la qualité de « collectionneur ».

Un petit côté Matisse ? Poissons du Frank tous dorés... © G. Héras
Un petit côté Matisse ? Poissons du Frank tous dorés…
© G. Héras

Faut-il réellement compter de nos jours sur des mécènes hommes d’affaires pour promouvoir l’art et reconstituer ainsi une collection aussi rare de chefs-d’oeuvres ? Avis partagés et discussion animée… On reste assez ébloui par autant de toiles magnifiques réunies en un seul endroit… Une vraie réussite !

La collection Chtchoukine, à découvrir ici aussi !

 

 

Des pommes, des chapeaux melons mais pas que… René Magritte est à Pompidou !

Nocturne au centre Georges Pompidou la soirée Talivera et son groupe : l’exposition Magritte ou la trahison des images.

Ceci n'est pas une pomme © G. Héras
Ceci n’est pas une pomme
© G. Héras

Le titre est déjà un peu énigmatique et le sujet l’est aussi. Il ne s’agit pas d’une rétrospective des oeuvres de René Magritte mais de leur relecture. Le parti pris de l’exposition est complexe : comment faire comprendre au public la signification de ses oeuvres et quelles idées a voulu faire passer Magritte ?

Magritte est un peintre qui joue avec et sur les apparences. Ses tableaux nous surprennent et intriguent encore aujourd’hui. On a l’impression de se retrouver face à des charades ou à des énigmes que l’on doit résoudre si l’on veut vraiment s’approprier ses oeuvres. Un exemple: « ceci n’est pas une pipe » où l’on voit une pipe peinte. Etrange ? Magritte manipule la réalité et nous fait réfléchir à l’idée de l’image.

On s'interroge et on écoute Sandra, notre conférencière © G. Héras
On s’interroge et on écoute Sandra, notre conférencière
© G. Héras

Etonnement ou stupéfaction ? Cette idée de prendre des choses possibles de manière impossible correspond aussi au courant dans lequel Magritte s’est affilié pour s’en détacher peu après : le surréalisme. Chef de file de ce courant, André Breton prône la pensée par le rêve et l’inconscient. Magritte veut ainsi mettre en avant l’image, le rêve et la pensée humaine.

L’un des tableaux qui l’illustre parfaitement est celui qu’il exécute en 1936, « La Clairvoyance ». L’on voit un autoportrait de René Magritte qui regarde un oeuf posé sur une table en peignant un oiseau en vol, résultat qui en sortira. Une manière finalement poétique d’exprimer une simplicité des choses de la vie… simplicité mais bizarrerie que l’on va ensuite retrouver tout au long de l’exposition.

Le parcours suit un découpage bien précis voulu par la scénographie : autour des principales figures de Magritte, le feu, l’ombre, le rideau, les corps fractionnés… on tente de s’immerger complètement dans son esprit. Sandra, notre conférencière, nous explique le choix philosophique de René Magritte et son interprétation des images. Chacun réagit différemment à ses tableaux, certains ne sont pas étonnés par la poésie qui s’en dégage, d’autres semblent transportés par l’univers si personnel de l’artiste.

Rêve et imaginaire se côtoient… qui contrastent finalement avec le personnage de Magritte: toujours tiré à quatre épingles, en costume 3 pièces, peignant calmement auprès de son épouse Georgette et de son chien. C’est cela qui fait toute l’originalité de Magritte finalement.

Pied de nez ? © G. Héras
Pied de nez ?
© G. Héras

Beaucoup de questions ont été posées lors de la discussion au Who’s : pourquoi parler de poésie ? Comment ne pas être touché par son oeuvre ? Peut-on parler de choc émotionnel ? Avec Magritte, soit on accroche, soit on déteste. C’est là tout l’art de cet artiste qui encore aujourd’hui peut être incompréhensible mais apprécié par l’univers onirique qu’il suscite.

Une soirée finalement très riche en questionnement de soi, de l’art, du rêve…

Magritte c’est à Pompidou mais aussi ici !

Tintin, Haddock, Tournesol et Cie… C’est Hergé au Grand Palais !

On a marché sur la Lune ! © Moulinsart 2016
On a marché sur la Lune !
© Moulinsart 2016

Retour sur la sortie Talivera du samedi 22 octobre au Grand Palais. C’est le début des vacances scolaires, et il y a beaucoup de monde pour cette exposition qui ne présente plus Georges Rémi, le père de Tintin. On fait la queue et on discute avec les personnes du CE et leurs enfants… Heureusement, le temps est de la partie et on se demande pourquoi une exposition sur Hergé ? Et qu’allons-nous voir ?

Ce qu’on ne sait pas c’est que Hergé n’est pas uniquement un dessinateur de BD mais un vrai artiste, qui s’est essayé à l’art abstrait et à la publicité aux motifs très art déco !

Années 30 ces affiches non? © G. Héras
Années 30 ces affiches non?
© G. Héras

On débute le parcours avec la présentation de ses quelques toiles abstraites réalisées dans les années 60 qui révèlent un petit côté Miro, que Hergé admirait. Et puis on est confronté au collectionneur, admirateur de Warhol et Roy Lichtenstein. On découvre des sérigraphies et des séries de toiles des deux artistes américains. On ne doute pas que leur technique ait eu une certaine influence sur Hergé !

Ensuite, on est capté par toutes les planches originales qui sont exposées : certaines éclatent de couleurs, d’autres crèvent l’écran par leur originalité et leur détails que Hergé a voulu rendre les plus précis possibles… Celles du « Lotus Bleu » sont vraiment d’une extrême beauté !

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Typhon s’énerve ! Planche de l’abus « Vol 714 pour Sydney »

Les petits et grands curieux que nous sommes ont été aussi agréablement surpris : des murs entiers recouverts d’illustrations des différents albums et surtout des maquettes : le télescope de l’Observatoire de « l’Etoile Mystérieuse » et celle du château de Moulinsart où se dessinent les ombres du capitaine Haddock, de Tintin, de Milou, et de la Castafiore….  Le tout, revisité par une vraie photographie du château de Cheverny, le vrai « Moulinsart ».

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Où est le vrai Moulinsart ? © G. Héras
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Fasciné par les Dupont et Dupond ! © G. Héras

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière salle met tout le monde d’accord : conçue comme une salle « à selfie », les murs sont recouverts de tout les personnages des albums, qui brandissent des slogans plutôt amusants et « engagés », comme la camériste de la Castafiore, Irma qui tient une banderole « Oui pour la libération de la femme ». On prend plaisir à se prendre en photo aux côtés des Dupond et Dupont, de Milou, de Tintin, du professeur Tournesol ou de Rastapopoulos.

Vive le Yéti ! © G. Héras
Vive le Yéti !
© G. Héras

Une rétrospective réussie et suivie d’un goûter gourmand au MiniPalais. Chocolat chaud, café et mignardises ont accompagné notre petit quizz Hergé pour les enfants qui nous ont bluffé : pratiquement un sans faute ! Et débat animé autour du dessinateur en tant que peintre  : certains n’ont pas aimé son interprétation de l’art abstrait, d’autres ont été surpris par son âme de collectionneur. Une question récurrente : pourquoi finalement une grande rétrospective Hergé ? Quelle est la place d’un dessinateur aujourd’hui ? Les réponses ont été discutées…

Le grand mérite de cette exposition est d’avoir redonné à la bande dessinée une place égale aux arts majeurs (que sont la peinture, sculpture…). La bande-dessinée n’est plus aujourd’hui le 9ème art… Et vous qu’en pensez-vous ?

 

Hergé, c’est ici aussi !

« TU » ou naître une deuxième fois….

Mercredi 7 septembre : Soirée Talivera en partenariat avec le théâtre Monfort, pour une présentation de l’agence culturelle autour d’un cocktail convivial. Ambiance détendue pour terminer avec le spectacle tout en émotion : « TU ».

« TU » est une pièce de cirque autobiographique. Etrange comme définition mais c’est réellement ce que l’on va voir. On entre dans la grande salle et l’on est plongé dans le noir. Seule la scène est éclairée et l’on ne perçoit pas immédiatement ce qu’il se passe… Des bruits de froissements de papier, puis des formes qui deviennent de plus en plus présentes, et enfin, émerge un corps, celui de Matias Pilet, l’acrobate et le danseur seul sur scène… Il émerge petit à petit puis s’élance dans de grandes acrobaties d’une souplesse extraordinaire… On entend des bruits de percussions, des respirations… On comprend une certaine souffrance, une recherche de soi qui s’en dégage. On se demande pourquoi, quelle est l’histoire ? L’histoire, la voici : c’est celle de Matias, et elle se situe au Chili.

Erika, sa mère raconte à son fils, Matias, comment le jour de sa naissance, elle a aussi enfanté sa sœur jumelle morte pendant les derniers jours de la grossesse. La vidéo qui l’explique nous saisit pendant que Matias danse et respire comme en transe en l’écoutant. Il fait face à son histoire et au vide qu’il a toujours ressenti. Il fait face à la douleur de sa mère et cherche ses origines indiennes. Chez les Mapuches, il prend racine dans la culture de ses ancêtres.

Acrobatie et pluie de papiers
Acrobatie et pluie de papiers © Théâtre Monfort

Telle une transe chamanique, il multiplie les acrobaties, danse, tourne, voltige, respire en faisant face à ce fantôme, qui prend toute sa place sous forme de vidéo pour disparaître en pluie de papier…. Car, l’utilisation de ses grands pans de papiers sur la scène que Matias travaille, malaxe et enroule autour de lui comme le ventre de sa mère enceinte, qu’il berce ensuite, devient primordial dans le spectacle…. Tout ce manque de l’autre, il l’exorcise par l’acrobatie, de manière spectaculaire. Lutter pour se libérer des démons…

Ce mélange du corps, du papier, nous transperce au plus profond de soi, en se posant la question de l’existence de soi… de la naissance ou de la renaissance… du manque pour arriver à exprimer ce « TU »… Un spectacle tout emprunt d’émotion, mais aussi de prouesse artistique et esthétique…

Transporté dans l’univers de Mathias Pilet, on partage au plus près son histoire et ses émotions… « TU » est l’histoire d’un homme sauvé par son corps… une belle réussite et un beau message.

 

 

Patinage et danse contemporaine, c’est « Vertical Influences » !

Jeudi 16 juin, nous sommes en route pour aller voir le spectacle « Vertical Influences » , une création dont nous n’en connaissons pas grand chose mis à part qu’il a lieu à la patinoire de Bercy-AccorHotels Arena. Dans le groupe, certains sont des connaisseurs du patinage, d’autres pas du tout…qu’allons-nous découvrir ? De la danse sur glace ou du patinage ?

En attente du spectacle… © L. Lenglart

« Vertical Influences », qu’est-ce que c’est ? C’est un spectacle orchestré par la compagnie du « Patin libre ». « Le Patin Libre est une compagnie montréalaise de patinage contemporain.  Cet art de la scène utilise la glace, des patins et des mouvements glissés en tant que médias.  La première troupe a été formée en 2005 par d’anciens patineurs de fantaisie de haut niveau.  Ils se sont regroupés avec le désir de transformer leur athlétisme en un moyen d’expression libre.  Loin des stéréotypes et des paillettes, les créations du Patin Libre proposent de réelles œuvres d’auteurs qui exploitent les possibilités scéniques et chorégraphiques inouïes de la glisse. »

Installés face à la scène, le spectacle commence : musique et entrée des patineurs ! On est rapidement transporté dans leurs mouvements. Dans leurs glisses !

« Influences », le titre de cette première partie du spectacle symbolise la danse d’un groupe… et ce qu’il peut faire de plus beau : un mouvement d’ensemble synchronisé au rythme de la musique. Les 5 patineurs ne font plus qu’un, et tout devient harmonie… Que se passe t-il alors quand l’un d’entre eux sort du groupe ? Emancipation, dépendance, confiance, appartenance…

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Harmonie et indépendance : « Influences » © L. Lenglart

On change de place pour la deuxième partie du spectacle : « Vertical ». Nous sommes plus proches des patineurs, en contact presque direct avec eux. Le résultat est réussi : on apprécie leurs « tableaux » de danseurs sur glisse ! C’est plein d’énergie !

Pourquoi le titre « Vertical » de ce deuxième volet du spectacle ? Est-ce le mouvement du patineur dans son inclinaison ? Sa « droiture » dans le geste de patinage ? Les avis sont partagés lors de la discussion au restaurant.

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Salut des artistes ! © L. Lenglart
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Rencontre avec les patineurs. Merci pour cette magnifique prestation ! © L. Lenglart

Le spectacle se prolonge au restaurant, le Chai33, Cour Saint Emilion, à 10 mn de marche (il ne pleut pas !) pour partager nos impressions, nos avis, ce qu’on a aimé ou pas, ce qui nous a interpellé…

Pour Michel, c’est avant très physique. La première partie, « Influences », c’est « l’invitation ». L’entrainement par le groupe et le rapport au groupe sont très bien représentés. Ils s’invitent les uns les autres. « Je patine, et cela me donne des idées ». La compagnie, le « Patin Libre » nous « invite » à voir le patinage autrement.

 Sylvie a aimé comme d’autres, la synchronisation de ce quintet. Il y a un style nouveau, certes mais ils pourraient aller plus loin : le haut et le bas ne sont pas exploités par exemple. Pour Cathy, qui connait bien la discipline, on n’est plus dans les règles du patinage artistique et il n’est pas si facile de s’en détacher et d‘apprécier pleinement cette nouvelle approche. Enfin, pour d’autres, qui ont moins de repères dans le patinage artistique, on entre plus facilement dans le spectacle. C’est une création, une expression artistique. C’est de la danse contemporaine de glisses.

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Discussion sur le spectacle ! © L. Lenglart
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Ambiance au Chai 33 © L. Lenglart

Un petit clin d’œil : que signifie « garocher » ?  Pourquoi l’un des patineurs était-il en short ?

Le mot de la fin ? Allez les voir ! Un style nouveau fascinant, sans extravagance, tout en glisse, tout en beauté.

Vertical Influences, c’est par ici aussi !

De la lumière, de la poésie… Le temps suspendu chez Albert Marquet !

Nocturne au MNAM de Paris pour la rétrospective Albert Marquet. Une sortie Talivera avec visite guidée en compagnie de notre conférencière Marie-Sophie suivi d’un échange gourmand au « Galliera ».

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Douceur et calme : « Le Pyla », Musée des Beaux-Arts, Bordeaux © ADAGP, Paris 2016 / Musée des Beaux-Arts, Mairie de Bordeaux / L.Gauthier

Par un soleil couchant sur Paris, propice à la découverte de cet artiste moderne, l’atmosphère était détendue et nous entrons dans le vif du sujet : mais qui est donc Albert Marquet ? Il est peu connu mais quelquefois représenté lors d’expositions sur le paysage ou le modernisme… Car c’est vrai Albert Marquet est un paysagiste remarquable mais pas au sens classique du terme mais un paysagiste qui fait ressentir les éléments atmosphériques : la lumière, l’eau, les reflets, tout en adaptant le sujet au lieu où il a vécu, Paris et l’Algérie pendant la deuxième guerre mondiale.

Si Albert Marquet a passé sa vie à voyager entre les rives de la méditerranée et de la Seine, faisant du paysage et de l’eau, ses motifs favoris, il a construit son œuvre grâce à sa rencontre avec Henri Matisse en 1892 dans l’atelier de Gustave Moreau.

Du fauvisme auquel il est associé à ses débuts, il ne retient que quelques caractéristiques: la simplification des formes, une recherche de la couleur et une improvisation des sujets. Ses premiers tableaux le montrent notamment ses nus, sensuels et provocants, et ses vues de Paris aux couleurs vives délimitées par le trait épais noir des fauvistes que l’on retrouve chez Matisse, Vlaminck…

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De la couleur dans « Affiches à Trouville » 1906 National Gallery of Art, Washington © ADAGP, Paris 2016 / Image courtesy of the National Gallery of Art, Washington

On retrouve aussi l’influence des estampes japonaises dans le tracé et le choix de la composition de ses sujets. Une salle, entièrement consacrée à ses dessins à l’encre de Chine, le dévoile.

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Vie quotidienne et trait maîtrisé dans « La charrette à bras », 1904, Musée des Beaux-Arts – Mairie de Bordeaux © ADAGP, Paris 2016

Mais ce qui le différencie des Fauves, c’est une recherche d’une harmonie tonale, une volonté de synthétiser les sujets avec justesse et équilibre… Son obsession du paysage, dont la dimension méditative et toute empreinte d’émotion, fait de Marquet un peintre unique.

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Jeu de miroirs : « La Varenne Saint- Hilaire, la barque », 1913 © Richard Nathanson, Londres / ADAGP, Paris 2016

De nature discrète,  timide, c’est un plaisir de plonger dans son univers et de trouver presque un apaisement…  Une soirée qui s’est terminée sereinement au restaurant Galliera où nous nous sommes interrogés sur ce peintre si atypique : une ressemblance avec Monet avec ses les séries des « Notre-Dame » mais avec son style étonnant. Une réelle impression des clapotis de l’eau dans les diverses vues de la baie de Naples. De l’eau, rien que de l’eau, juste peindre l’eau et le ciel finalement.

Une découverte impressionnante pour Joelle, une envie de retourner au bord de la mer pour Catherine et juste la lumière du ciel et de l’eau pour Roger. Les mots de Charles Baudelaire pourrait tout à fait convenir pour définir Albert Marquet : « Là tout n’est qu’ordre et beauté, (…) calme et volupté »…

Albert Marquet, c’est là aussi