Patinage et danse contemporaine, c’est « Vertical Influences » !

Jeudi 16 juin, nous sommes en route pour aller voir le spectacle « Vertical Influences » , une création dont nous n’en connaissons pas grand chose mis à part qu’il a lieu à la patinoire de Bercy-AccorHotels Arena. Dans le groupe, certains sont des connaisseurs du patinage, d’autres pas du tout…qu’allons-nous découvrir ? De la danse sur glace ou du patinage ?

En attente du spectacle… © L. Lenglart

« Vertical Influences », qu’est-ce que c’est ? C’est un spectacle orchestré par la compagnie du « Patin libre ». « Le Patin Libre est une compagnie montréalaise de patinage contemporain.  Cet art de la scène utilise la glace, des patins et des mouvements glissés en tant que médias.  La première troupe a été formée en 2005 par d’anciens patineurs de fantaisie de haut niveau.  Ils se sont regroupés avec le désir de transformer leur athlétisme en un moyen d’expression libre.  Loin des stéréotypes et des paillettes, les créations du Patin Libre proposent de réelles œuvres d’auteurs qui exploitent les possibilités scéniques et chorégraphiques inouïes de la glisse. »

Installés face à la scène, le spectacle commence : musique et entrée des patineurs ! On est rapidement transporté dans leurs mouvements. Dans leurs glisses !

« Influences », le titre de cette première partie du spectacle symbolise la danse d’un groupe… et ce qu’il peut faire de plus beau : un mouvement d’ensemble synchronisé au rythme de la musique. Les 5 patineurs ne font plus qu’un, et tout devient harmonie… Que se passe t-il alors quand l’un d’entre eux sort du groupe ? Emancipation, dépendance, confiance, appartenance…

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Harmonie et indépendance : « Influences » © L. Lenglart

On change de place pour la deuxième partie du spectacle : « Vertical ». Nous sommes plus proches des patineurs, en contact presque direct avec eux. Le résultat est réussi : on apprécie leurs « tableaux » de danseurs sur glisse ! C’est plein d’énergie !

Pourquoi le titre « Vertical » de ce deuxième volet du spectacle ? Est-ce le mouvement du patineur dans son inclinaison ? Sa « droiture » dans le geste de patinage ? Les avis sont partagés lors de la discussion au restaurant.

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Salut des artistes ! © L. Lenglart
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Rencontre avec les patineurs. Merci pour cette magnifique prestation ! © L. Lenglart

Le spectacle se prolonge au restaurant, le Chai33, Cour Saint Emilion, à 10 mn de marche (il ne pleut pas !) pour partager nos impressions, nos avis, ce qu’on a aimé ou pas, ce qui nous a interpellé…

Pour Michel, c’est avant très physique. La première partie, « Influences », c’est « l’invitation ». L’entrainement par le groupe et le rapport au groupe sont très bien représentés. Ils s’invitent les uns les autres. « Je patine, et cela me donne des idées ». La compagnie, le « Patin Libre » nous « invite » à voir le patinage autrement.

 Sylvie a aimé comme d’autres, la synchronisation de ce quintet. Il y a un style nouveau, certes mais ils pourraient aller plus loin : le haut et le bas ne sont pas exploités par exemple. Pour Cathy, qui connait bien la discipline, on n’est plus dans les règles du patinage artistique et il n’est pas si facile de s’en détacher et d‘apprécier pleinement cette nouvelle approche. Enfin, pour d’autres, qui ont moins de repères dans le patinage artistique, on entre plus facilement dans le spectacle. C’est une création, une expression artistique. C’est de la danse contemporaine de glisses.

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Discussion sur le spectacle ! © L. Lenglart
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Ambiance au Chai 33 © L. Lenglart

Un petit clin d’œil : que signifie « garocher » ?  Pourquoi l’un des patineurs était-il en short ?

Le mot de la fin ? Allez les voir ! Un style nouveau fascinant, sans extravagance, tout en glisse, tout en beauté.

Vertical Influences, c’est par ici aussi !

De la lumière, de la poésie… Le temps suspendu chez Albert Marquet !

Nocturne au MNAM de Paris pour la rétrospective Albert Marquet. Une sortie Talivera avec visite guidée en compagnie de notre conférencière Marie-Sophie suivi d’un échange gourmand au « Galliera ».

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Douceur et calme : « Le Pyla », Musée des Beaux-Arts, Bordeaux © ADAGP, Paris 2016 / Musée des Beaux-Arts, Mairie de Bordeaux / L.Gauthier

Par un soleil couchant sur Paris, propice à la découverte de cet artiste moderne, l’atmosphère était détendue et nous entrons dans le vif du sujet : mais qui est donc Albert Marquet ? Il est peu connu mais quelquefois représenté lors d’expositions sur le paysage ou le modernisme… Car c’est vrai Albert Marquet est un paysagiste remarquable mais pas au sens classique du terme mais un paysagiste qui fait ressentir les éléments atmosphériques : la lumière, l’eau, les reflets, tout en adaptant le sujet au lieu où il a vécu, Paris et l’Algérie pendant la deuxième guerre mondiale.

Si Albert Marquet a passé sa vie à voyager entre les rives de la méditerranée et de la Seine, faisant du paysage et de l’eau, ses motifs favoris, il a construit son œuvre grâce à sa rencontre avec Henri Matisse en 1892 dans l’atelier de Gustave Moreau.

Du fauvisme auquel il est associé à ses débuts, il ne retient que quelques caractéristiques: la simplification des formes, une recherche de la couleur et une improvisation des sujets. Ses premiers tableaux le montrent notamment ses nus, sensuels et provocants, et ses vues de Paris aux couleurs vives délimitées par le trait épais noir des fauvistes que l’on retrouve chez Matisse, Vlaminck…

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De la couleur dans « Affiches à Trouville » 1906 National Gallery of Art, Washington © ADAGP, Paris 2016 / Image courtesy of the National Gallery of Art, Washington

On retrouve aussi l’influence des estampes japonaises dans le tracé et le choix de la composition de ses sujets. Une salle, entièrement consacrée à ses dessins à l’encre de Chine, le dévoile.

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Vie quotidienne et trait maîtrisé dans « La charrette à bras », 1904, Musée des Beaux-Arts – Mairie de Bordeaux © ADAGP, Paris 2016

Mais ce qui le différencie des Fauves, c’est une recherche d’une harmonie tonale, une volonté de synthétiser les sujets avec justesse et équilibre… Son obsession du paysage, dont la dimension méditative et toute empreinte d’émotion, fait de Marquet un peintre unique.

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Jeu de miroirs : « La Varenne Saint- Hilaire, la barque », 1913 © Richard Nathanson, Londres / ADAGP, Paris 2016

De nature discrète,  timide, c’est un plaisir de plonger dans son univers et de trouver presque un apaisement…  Une soirée qui s’est terminée sereinement au restaurant Galliera où nous nous sommes interrogés sur ce peintre si atypique : une ressemblance avec Monet avec ses les séries des « Notre-Dame » mais avec son style étonnant. Une réelle impression des clapotis de l’eau dans les diverses vues de la baie de Naples. De l’eau, rien que de l’eau, juste peindre l’eau et le ciel finalement.

Une découverte impressionnante pour Joelle, une envie de retourner au bord de la mer pour Catherine et juste la lumière du ciel et de l’eau pour Roger. Les mots de Charles Baudelaire pourrait tout à fait convenir pour définir Albert Marquet : « Là tout n’est qu’ordre et beauté, (…) calme et volupté »…

Albert Marquet, c’est là aussi

Lumière, verrière… à Paris dans les célèbres « Passages couverts » !

« Vous qui flanez sur les grands boulevards… y’a tant de choses tant de choses à voir (…) ». C’est vrai, il y a tant de choses à voir dans les fameux passages couverts parisiens, comme celui des Panoramas qui donne sur les célèbres Grands Boulevards…

Soirée entreprise Talivera, mardi soir à la découverte de ces passages insolites. La visite guidée par notre conférencière Marie-Sophie nous a entraîné du Palais-Royal, en traversant les passages Véro-Dodat, Vivienne, Colbert pour terminer par celui des Panoramas.

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Le Palais-Royal, début de notre visite : le groupe attentif aux explications de Marie-Sophie ! © G. Héras

Pourquoi ces passages ont-ils été construits ? Au temps de la Révolution Française, les rues de Paris sont encore boueuses, sans trottoirs ni égouts, et très mal éclairées. L’influence croissante de la bourgeoisie et le développement du commerce ont engendré la construction de ces passages couverts permettant aux Parisiens d’effectuer leurs achats en toute tranquillité, à l’abri des intempéries et du brouhaha de la rue. Ces passages datent pour la plupart des années 1800 et 1850.

Principalement situés sur la rive droite de la Seine, ils allient la modernité de verrières et d’éclairages au gaz avec un raffinement de sculptures et de mosaïques au sol. Celui de la galerie Vivienne est sans conteste un rappel des mosaïques italiennes de la Renaissance…

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Verrière du passage Colbert © G. Héras
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Galerie Vivienne: un gentleman sur le pavement mosaïque © G. Héras

Devenus des lieux de commerces de luxe et de cafés, souvent associés à un théâtre, ils sont parmi les rendez-vous parisiens préférés des flâneurs.  Les passages couverts font partie intégrante du charme de Paris et incitent à la balade au milieu de boutiques, dans un univers de librairies, d’antiquaires et de salons de thé.

C’est au terme du passage des Panoramas que nous avons terminé notre visite dans un restaurant par un petit quizz qui a motivé notre groupe en attendant les apéritifs ! Tous se sont montrés joueurs et ont répondu aux questions spéciales « Passage parisien » avec humour et… réflexion.

Une belle soirée qui se clôt par le « goût de la lumière » des passages couverts … A méditer….

Les passages parisiens, c’est aussi ici

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Les Panoramas : Théâtre des variétés et restaurants © G. Héras
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Passage Véro-Dodat, lumière et verrière ! © G. Héras

 

Au centre Georges Pompidou, on y expose de l’ironie et de l’humour !

Jeudi 2 juin : Nocturne au Centre Georges Pompidou pour l’exposition « Paul Klee, l’ironie à l’oeuvre » avec Talivera.

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Petit avant-goût… © L. Lenglart

Paul Klee, artiste de l’art moderne… mais pourquoi l’ironie ? Le propos est de montrer à travers la pensée du philosophe Friedrich Schlegel, que l’ironie romantique : « (…) doit être plaisanterie, et tout doit être sérieux, tout offert à cœur ouvert, et profondément dissimulé ». Une « bouffonnerie transcendantale »… Un peu compliqué, diriez-vous… mais facile à comprendre quand on se trouve devant une oeuvre peinte de Paul Klee, notamment devant un de ses dessins ou encore une de ses caricatures.

Chez Paul Klee, l’oeil s’amuse tout en couleurs… et l’artiste lui-même s' »auto-ironise » : il est à la fois distant dans le choix de ses sujets, doté d’un esprit farceur, railleur qui aime se moquer et parodier avec une grande subtilité.

En compagnie de Sandra, la guide-conférencière, on découvre un artiste insaisissable par excellence qui semble se dérober à chaque tentative de classification.

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Le groupe attentif aux explications de Sandra © L. Lenglart

Ambivalence ou dualité ? Les deux… Par son origine, suisse ou allemande, par sa carrière artistique, musicien ou peintre, par l’utilisation physique de sa main, moitié gaucher moitié droitier, par son style, figuratif ou abstrait.

Autant de questionnements que l’on peut se poser en regardant son oeuvre… pour finir en discussion au Who’s pour un quizz-debriefing ! Qui dit auto-ironie dit auto-quizz. Nos participants ont joué le jeu tout en donnant leur avis : certains ont trouvé Paul Klee mélancolique, tourmenté et sombre, d’autres ont apprécié la symbolique se cachant dans ses toiles.

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A quoi cela vous fait penser ? © L. Lenglart
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De drôles de marionnettes ! © L. Lenglart

Finalement, Paul Klee est un artiste qui se caractérise par un style complètement personnel, inspiré par les mouvements artistiques comme le cubisme, le dadaïsme, le constructivisme, dont il s’inspire pour mieux s’en détourner. C’est cette façon de « jouer » qui laisse perplexe…  Quelle ironie !

L’expo, c’est ici