Démons, la pièce qui brouille la frontière entre amour et haine

Un appartement, un couple, des rires hystériques entre deux insultes, du cynisme dérivant vers une haine assumée, un amour destructeur: c’est au Théâtre Monfort que Lucrèce Carmignac et Antonin Meyer Esquerré interprétaient la pièce Démons de Lorraine de Sagazan, librement inspirée de celle de Lars Norén.

« Au fond c’est une banale histoire entre un homme et une femme. » nous informe le site du théâtre. Et c’est bien cela qui est le plus frappant tout le long de la représentation: nous ne pouvons nous empêcher de nous reconnaître dans ces deux humains qui ont soif de vie; de ressentir une profonde empathie pour ces deux êtres souffrants que nous avons été ou serons tous un jour.

demons-1B-BD 2C’est non seulement plusieurs tableaux dans lesquels chacun y trouvera une partie de soi, mais aussi un avertissement que nous livrent les deux acteurs, naturels à en faire peur. Leur interaction avec le public, leur invitation à intégrer ce dernier dans la pièce, à l’impliquer alors dans les déboires sentimentales de ce couple déchu en lui faisant endosser le rôle du voisinage de l’immeuble ne peut que nous laisser une impression troublante à la sortie. Une manière plus que marquante de nous rappeler que cela ne tient à rien, que l’on pourrait retrouver ce couple n’importe où …

Enfin, c’est empli d’une lourde réflexion que l’on quitte la salle, l’esprit hanté par cette grande question de la frontière entre amour et haine; par cette ombre pesante des dérives malsaines de l’amour.
Une perle rare si vivante qu’on en ressort troublé, mais une oeuvre d’une beauté époustouflante, par sa puissance émotionnelle qui ne laisse personne indifférent.

Juliette Guyon

DEMONS

LORRAINE DE SAGAZAN • CIE LE THÉÂTRE DE LA BRÈCHE

Période : du 26 septembre au 14 octobre 2017
Heure : 19h30
Lieu : 75 – 15ème arrondissement
Le Monfort théâtre, Parc Georges Brassens 106 rue Brancion 75015 Paris