Archives pour la catégorie Visite guidée

Rêve d’Extrême-Orient, visite du musée d’Ennery

Un voyage dans le temps

La visite du musée d’Ennery est  une plongée  dans le monde du Second Empire, ses riches collectionneurs et leurs hôtels particuliers. Situé avenue Foch qui à l’époque s’appelait avenue du Bois, l’hôtel est un peu défraîchi de l’extérieur certes, mais reste majestueux dès que l’on a franchi ses portes : enfilades de salles richement décorées, hautes colonnes de marbre, vitrines superbes.

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Une riche collection d’objets asiatiques

Le musée d’Ennery abrite la collection de Clémence d’Ennery, artiste à succès connue sous le nom de Gisette. et reine du Tout-Paris. Elle était adulée entre autres par Jules de Goncourt et Georges Clémenceau, ses amis. Une fois  veuve, elle peut enfin épouser son amant depuis 30 ans, le dramaturge Adolphe d’Ennery. Tombé dans l’oubli, ce dernier était pourtant l’un des personnages les plus en vue de Paris au Second Empire. On dit que certains soirs, on pouvait jouer jusqu’à 6 pièces différentes qu’il avait lui-même écrites.

Visiter le musée d’Ennery, c’est aussi voyager en Asie, au Japon et en Chine notamment. Clémence d’Ennery réunit au cours de sa vie une collection de plus de 7000 objets asiatiques. Elle les présentait dans cet  hôtel particulier lors de ses fameux dîners auxquels sont conviés Jules Verne ou Gambetta.

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Une expérience unique

Lors de cette sortie organisée par Talivera avec la visite guidée conduite par une guide spécialiste dans l’art asiatique, nous avons eu le sentiment de se sentir privilégiés. En effet le musée d’Ennery est ouvert à la visite uniquement deux jours par semaine, sur réservation et accompagné d’un guide. Nous étions sept à pouvoir profiter de cette expérience unique, accompagnés donc par notre guide Constance qui a su nous transmettre avec vivacité ses connaissances et sa passion pour l’art asiatique.

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Après la visite, nous avons pris la direction de la Place Victor Hugo pour nous retrouver au DS Café. Le petit groupe était essentiellement constitué de seniors, tous charmants. Cette petite pause nous a permis de nous présenter et d’échanger davantage autour d’une tasse de thé. Tout d’abord nous avons réalisé un petit quizz sur la visite,  dans la bonne humeur.  L’idée est de répondre par équipes à des petites questions pour réactiver notre mémoire à court terme. « Est-ce que vous vous souvenez de ce qu’est un Netsuke ? » C’est un petit objet, statuette savamment travaillée qui sert de contrepoids et que les Japonais fixent à la ceinture du kimono ! « Et un Daruma ? » C’est une figurine utilisée lorsque l’on formule un vœux…En effet, durant cette visite nous avons appris un bon nombre de mots et de coutumes que nous ne connaissions pas. Une fois le petit quizz terminé, nous avons échangé sur nos dernières sorties, nos voyages…ce qui était bien sympathique !

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Hélène Lafougère, animatrice

Pour plus de détail sur la sortie, rendez-vous sur le site de Talivera dans les sorties originales  : https://talivera.fr/sorties-originales/64-rêve-d-extrême-orient.html

Soyez informé de nos prochaines visites au musée d’Ennery ou vous souhaitez réserver une visite pour un petit groupe de personnes (de 7 à 15 personnes maximum), envoyer un e-mail à : [email protected]

 

Exposition Kupka au Grand Palais

Qui est Kupka ?

Peintre tchèque (1871-1957), professeur à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Prague (1922-1924), il est un des pères de l’abstraction avec notamment, Kandinsky, Malevitch, Delaunay.

Jusqu’au 30 juillet, le Grand Palais présente une rétrospective incontournable de l’artiste, une occasion unique de saisir son oeuvre et de se laisser prendre par sa vérité. #exposition « Kupka, Pionnier de l’abstraction ».

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L’exposition, très complète, retrace tout le parcours artistique du peintre, innovant et coloré, évoluant dans un univers constamment changeant. Elle montre l’impressionnante évolution de son oeuvre à travers ses petits formats et illustrations de revues jusqu’aux immenses compositions abstraites qui l’ont rendu célèbre.

On comprend le cheminement philosophique qu’eut l’artiste quant à l’idée d’absolu que devait incarner sa peinture. Après des débuts aux tons symbolistes, il commence à se démarquer par ses travaux sur la décomposition de la lumière, mais tout en restant dans le domaine figuratif. Dès le début, on voit son goût pour les couleurs franches, presque irréelles, et les contrastes marqués. Progressivement, son oeuvre plonge vers l’abstraction.

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Finalement, l’artiste se retrouve convaincu que l’art qui cherche à rendre compte de la réalité n’est qu’une hypocrisie, et décide que le sien ne représentera plus que des concepts nouveaux, des images irréelles qui ne chercheront en rien à montrer ce que l’oeil voit. Son lien très particulier à la musique l’inspirera d’autant plus pour ses compositions tournoyantes et ondulantes …

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La scénographie est simple – de grands espaces aux murs blancs – mais laisse justement la place aux oeuvres de se déployer pleinement dans l’espace. On a envie de se perdre dans les couleurs et les textures dans lesquelles nous plonge Kupka, et on a du mal à quitter des yeux ces « paysages » envoûtants.

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Article écrit par :

Juliette Rose Guyon, étudiante à l’Ecole du Louvre.

Lundi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 10h à 20h.
Mercredi de 10h à 22h.

Plus de détail et pour réserver une sortie avec visite guidée privée par notre conférencière : https://talivera.fr/exposition-paris/336-kupka-pionnier-de-l-abstraction.html

Pour une sortie privée ou une sortie en groupe autour de l’exposition, nous contacter.

Le charme de l’Ile Saint Louis…

hotels prestigieux sur l'Ile Saint Louis
On traverse souvent  l’île Saint-Louis sans trop y porter d’attention, simple passage pour franchir la Seine. En effet, elle est souvent éclipsée par sa voisine, l’île de la Cité, et ses incroyables édifices comme la Sainte Chapelle ou Notre-Dame de Paris. Pourtant, cette petite île d’à peine plus de dix hectares fait partie de ces lieux qui regorgent de secrets, d’endroits insolites et de chef d’œuvres architecturaux souvent méconnus. Il suffit de lever les yeux pour tomber nez à nez avec des gouttières somptueusement décorées, un clocher d’église unique en son genre ou des plaques commémorant la présence de personnalités ayant marqué leurs époques.

Chaque quartier a son histoire, mais celle de l’île Saint-Louis est particulièrement riche.

En un peu moins de deux heures, Talivera vous propose une plongée dans l’univers de l’île Saint-Louis, un lieu qui, en moins de quatre siècles, est passé d’un champ où les vaches paissaient à l’un des quartiers les plus prisés de Paris.

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Là où vous ne verriez qu’un beau quartier, notre guide conférencière vous invite à la visite d’un véritable musée à ciel ouvert. Chaque rue, chaque bâtiment, chaque quai est porteur d’une histoire, d’une époque perdue, d’un amour brisé ou d’un secret. On apprend par exemple l’histoire de  l’un des plus anciens cafés de Paris, fermé suite à l’édition de pamphlets contre  Philippe II d’Orléans, et  plus tard théâtre d’une tentative d’assassinat contre Robespierre, aujourd’hui devenu un club de jazz . Quelques mètres plus loin, on découvre l’hôtel particulier Lauzun, témoin de l’amour malheureux de son propriétaire ou encore le premier salon de thé ouvert par le célèbre glacier Berthillon.

Et le charme de l’île Saint-Louis ne s’arrête pas là, au contraire. Sa vie est aussi dans ses vieux magasins artisanaux, ses bibliothèques remplies de livres anciens et dans ses petits cafés chaleureux. Une atmosphère unique y règne, on s’y sent appartenir à un ensemble. C’est un village dans la ville, un havre de paix qu’il est difficile de décrire.

Comme un témoin du temps qui passe, l’île Saint-Louis garde en elle une trace de chaque époque qui l’a construite. Elle nous invite à un voyage unique, plein de nostalgie et d’émerveillement. Laissez-la vous emporter !

20180106_172138[1]aAutour d’un bon vin chaud, la visite se prolonge dans un café-restaurant très chaleureux ou nous prenons plaisir en équipe à jouer sur les célébrités d’hier à aujourd’hui de l’Ile Saint Louis. On reprend avec la guide certains des sujets abordés durant la balade et on en aborde encore des nouveaux ! Bien plus qu’une visite, bien qu’une balade commentée, une belle après-midi, un voyage dans l’histoire, une évasion à plusieurs, une expérience culturelle enrichissante et sympathique !

Réservez votre balade parisienne Talivera sur le site : https://talivera.fr/balade-parisienne/312-l-ile-saint-louis-légendes-urbaines-au-coeur-de-paris.html

Elisa Bruel (janv.2018)

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Evasion culturelle dans le Moyen-Age

C’est au cœur du Quartier Latin de Paris, près des grandes Universités, qu’on trouve le musée de Cluny qui nous plonge dans l’univers du Moyen-Age. De « La Dame à la licorne » aux vitraux de la Sainte-Chapelle en passant par des pièces d’orfèvrerie finement travaillées, le musée propose un aperçu des techniques, prouesses et créations des artistes de cette époque. Unique en son genre dans la capitale, cet ancien hôtel privé des abbés clunisiens présente aujourd’hui aux visiteurs de nouvelles facettes du Moyen-Age. On y découvre des œuvres fines, délicates et pleines de sens qui tranchent avec l’image négative qu’on voit parfois attribuée à cette période.

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Dans ce but, le musée propose en ce moment son exposition intitulée « Le verre, un Moyen-Age inventif ». Ce parcours thématique illustrant les manières d’utiliser le verre permet de découvrir des créations de verres plats et verres creux ainsi que leurs usages : se succèdent donc de délicats verres à pied, des vitraux, des lampes ecclésiastiques, des reliquaires richement incrustés d’émaux…

ClunyC’est surtout l’effort de contextualisation des objets qui fait la force de l’exposition. En effet, la plupart des œuvres sont accompagnées d’une image ou d’une citation mettant en scène chaque objet. Ce double niveau de lecture permet de rendre les œuvres vivantes et de les replacer dans leur véritable contexte d’utilisation. Cette scénographie redonne toute sa valeur au Moyen-Age, période souffrant encore trop souvent d’une image négative.

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La finesse à couper le souffle des verres, la variété des décors ou la virtuosité des techniques sont autant de preuves du caractère exceptionnel des artistes médiévaux.

#Exposition : « Le verre, un Moyen-Age inventif » au musée Cluny jusqu’au 08 janvier 2018.

N’hésitez-pas à emmener vos enfants pendant les vacances d’hiver !

Elisa Bruel – Etudiante Ecole du Louvre

Victor Hugo, entrez dans l’intimité du grand homme !

Parcours découverte : Visite guidée suivie d’un café-échange entre 13 participants. 

Voici que par un froid tenace, un groupe de courageux curieux s’est rassemblé sur la place des Vosges. Préambule à toute évocation de la vie de l’auteur le plus populaire, cette ancienne place royale rappelle de grands événements de l’histoire de France et la vitalité de tout un quartier : le marais. Du XVIIe siècle à nos jours, il a su se réinventer et accueillir des générations de brillants artistes dont Victor Hugo qui y a passé pas moins de 16 années de sa vie, sans doute parmi les plus heureuses !
Passées les arcades, on se retrouve bien au chaud dans sa maison.  La découverte de cette vie bien remplie a été permise par la visite des salles qui recréent l’appartement de la famille Hugo. Des débuts de carrière, où l’insolence le dispute au génie, à l’exil et au deuil, il n’y a guère qu’à passer une porte. Mais quelle chance ! QuelquMaison Victor Hugoes pas de plus conduisent les 13 participants à la sortie dans les souvenirs du vénérable grand père, adoré de ses petits enfants et de toute une nation qui le célèbre comme un héros digne d’Homère.

Maison Victor Hugo
À chaque nouvelle étape du parcours, ce sont des souvenirs de famille qui resurgissent, photographies, portraits peints, manuscrits, menus objets offerts ou même fabriqués par le poète pour ses enfants ou sa maitresse, Juliette Drouet… Cette même maitresse dont on découvre le salon chinois, rapporté de Guernesey pour habiller les murs de l’appartement parisien tant ils rappellent ceux de Hauteville House, la demeure britannique du poète. Et que serait Hugo sans ses fantaisies ? Le mobilier chiné ici et là, démonté et remonté pour le plus grand plaisir du bricoleur, les petites figurines de céramique et les jeux de mots ou encore les énigmes cachés dans le décor.

L’émotion qui nous gagne à la vue de la chambre où cette force de la nature a vécut ses dernières heures sonne la fin de la visite et nous voilà partis pour le début d’échanges de sensations entre les participants.

restaurant Paris
restaurant Paris

Du grand homme nous relevons surtout sa prestance, sa longue carrière et ses succès précoces, sa vie amoureuse mouvementée, sa curiosité et l’énergie employée dans toutes les branches de la création, son engagement politique, l’amour porté à sa famille, ses chagrins enfin et son statut d’icône de la culture française, un monument !
Buste Victor Hugo
Une belle évasion culturelle et littéraire à l’image de l’homme de lettres, curieuse, polyphonique et pleine d’énergie !

Guenièvre Kervelle Delachaussée, guide-conférencière

(Sortie culturelle du samedi 13 décembre 2017 après-midi)

Du beau, du bon, de l’émotion, à la Fondation Vuitton !

jolies couleurs, joli Buren © G. Héras

Visite après-midi Talivera de la collection Chtchoukine à la Fondation Vuitton.

Première impression en arrivant sur place : de la couleur par les aplats de verre de Daniel Buren sur la façade de ce gigantesque navire sur l’eau en plein Jardin de l’Acclimatation. Un heureux mélange de couleurs primaires: bleu, orange, vert, jaune et violet. C’est déjà une réussite et cela nous met dans l’ambiance des oeuvres que nous allons voir… Car il faut le rappeler la collection de ce grand mécène russe du XIXème siècle rassemble de nombreux chefs-d’oeuvres de l’art moderne français, d’artistes tels que Matisse, Gauguin, Cézanne, Picasso…

Qui est ce Sergueï Chtchoukine ? C’est presque le « Bernard Arnault » russe du XIXème. Grand magnat du textile, il avait constitué un véritable trésor qui rassemblait pas moins de 275 oeuvres d’artistes de l’art moderne français. Son inventaire donne presque le vertige : 54 Picasso (tiens c’est drôle lui qui ne l’appréciait pas tant que cela), 41 Matisse (l’ami de toujours), 16 Gauguin (l’exotisme mais aussi l’iconostase), 13 Monet, sans compter, quelques Degas, Manet, Maurice Denis, Toulouse-Lautrec et des Cézanne (bref, les pères de la modernité). Autant d’oeuvres élevées ainsi au rang d' »icônes »! Et oui, c’est bien le titre de cette exposition : « Icônes de l’art moderne« .

André Derain, couleurs ocres et soleil © G. Héras
André Derain, couleurs ocres et soleil
© G. Héras

Evidemment, ce grand rassemblement fait le buzz et on profite de l’attente dans la file (des réservations) pour faire le point sur cette incroyable collection de peintures… On débat, on se pose des questions, on espère voir les Matisse, tant convoités car il faut le dire, toutes ces pièces ont été dispersées entre le musée Pouchkine à Moscou et le musée de l’Ermitage à St Petersbourg. On prend le temps de connaître mieux ce personnage et on se rend compte que sa collection de peintures est intimement liée à sa vie privée. Chtchoukine a connu des drames dans sa vie : deux de ses fils se sont suicidés et sa première épouse est morte d’un cancer foudroyant. Il se retrouve à acheter en masse et à se réfugier en quelque sorte dans son univers à l’intérieur de son palais Troubetskoï.

Il faut dire que ses premiers achats ne sont pas des moindres. Ce sont des Monet, des Pissarro… Il a su s’entourer de bonnes personnes et notamment des célèbres marchands d’art français de l’époque comme Ambroise Vollard ou Paul Durand-Ruel.

Les tableaux impressionnistes, Nabis et Post-symbolistes sont dans la première salle de l’exposition et réellement mis en valeur par l’utilisation d’un fond gris et d’une réinterprétation de la salle du palais Troubetskoï où ces tableaux étaient exposés.

Puis, nous traversons les étages pour arriver à la salle des Gauguin qui explosent à notre visage tellement les couleurs sont vives et magnifiques. Du jaune, du rose, de la couleur dorée des corps des femmes polynésiennes, coupent le souffle. Nous continuons notre ascension pour arriver à l’immense salle des Matisse, le maître du Fauvisme.

Grands formats, et là, la « Desserte Rouge » nous émerveille : du rouge que du rouge agrémentée de bleu. Autant d’aplats de couleurs qui crée presque la profondeur du tableau. C’est notre oeil qui crée la perspective car Matisse peint en simplifiant les formes et les couleurs et réussit à nous transmettre une certaine émotion de joie… et d’apaisement lorsque l’on regarde sa toile des « Poissons rouges ».

 

La "Desserte rouge" de Matisse"... Explosion de couleurs ! © G. Héras
La « Desserte rouge » de Matisse »… Explosion de couleurs !
© G. Héras
Les poissons rouges de Matisse Calme et joie des couleurs © G. Héras
Les poissons rouges de Matisse (détail)
Calme et joie des couleurs
© G. Héras

Les dernières salles sont consacrées au cubisme et aux débuts de l’abstraction. Plusieurs Picasso sont exposés et mis en parallèle avec les oeuvres d’artistes russes contemporains comme Kasimir Malévitch, Olga Gontcharova ou encore Vladimir Tatline. En effet, il faut rappeler que Chtchoukine faisait « visiter » sa collection à la grande bourgeoisie russe et aux artistes voulant connaître l’art français moderne. Cette influence fut très importante sur eux et est à l’origine de l’avant-garde russe artistique.

La dame à l'éventail de Picasso Cubisme, Afrique... © G. Héras
La dame à l’éventail de Picasso
Cubisme, Afrique…
© G. Héras
La porteuse d'eau de Kasimir Malévitch Cubisme et influence de Picasso indéniable... © G. Héras
La porteuse d’eau de Kasimir Malévitch
Cubisme et influence de Picasso indéniable…
© G. Héras

Magnifique collection réparties sur les quatre étages de la Fondation… Tant de choses à voir et à échanger pour le groupe au Frank, le restaurant du musée. Une première et unique impression :  la COULEUR omniprésente… Autour d’un thé gourmand, nous avons pu également échanger sur la qualité de « collectionneur ».

Un petit côté Matisse ? Poissons du Frank tous dorés... © G. Héras
Un petit côté Matisse ? Poissons du Frank tous dorés…
© G. Héras

Faut-il réellement compter de nos jours sur des mécènes hommes d’affaires pour promouvoir l’art et reconstituer ainsi une collection aussi rare de chefs-d’oeuvres ? Avis partagés et discussion animée… On reste assez ébloui par autant de toiles magnifiques réunies en un seul endroit… Une vraie réussite !

La collection Chtchoukine, à découvrir ici aussi !

 

 

Des pommes, des chapeaux melons mais pas que… René Magritte est à Pompidou !

Nocturne au centre Georges Pompidou la soirée Talivera et son groupe : l’exposition Magritte ou la trahison des images.

Ceci n'est pas une pomme © G. Héras
Ceci n’est pas une pomme
© G. Héras

Le titre est déjà un peu énigmatique et le sujet l’est aussi. Il ne s’agit pas d’une rétrospective des oeuvres de René Magritte mais de leur relecture. Le parti pris de l’exposition est complexe : comment faire comprendre au public la signification de ses oeuvres et quelles idées a voulu faire passer Magritte ?

Magritte est un peintre qui joue avec et sur les apparences. Ses tableaux nous surprennent et intriguent encore aujourd’hui. On a l’impression de se retrouver face à des charades ou à des énigmes que l’on doit résoudre si l’on veut vraiment s’approprier ses oeuvres. Un exemple: « ceci n’est pas une pipe » où l’on voit une pipe peinte. Etrange ? Magritte manipule la réalité et nous fait réfléchir à l’idée de l’image.

On s'interroge et on écoute Sandra, notre conférencière © G. Héras
On s’interroge et on écoute Sandra, notre conférencière
© G. Héras

Etonnement ou stupéfaction ? Cette idée de prendre des choses possibles de manière impossible correspond aussi au courant dans lequel Magritte s’est affilié pour s’en détacher peu après : le surréalisme. Chef de file de ce courant, André Breton prône la pensée par le rêve et l’inconscient. Magritte veut ainsi mettre en avant l’image, le rêve et la pensée humaine.

L’un des tableaux qui l’illustre parfaitement est celui qu’il exécute en 1936, « La Clairvoyance ». L’on voit un autoportrait de René Magritte qui regarde un oeuf posé sur une table en peignant un oiseau en vol, résultat qui en sortira. Une manière finalement poétique d’exprimer une simplicité des choses de la vie… simplicité mais bizarrerie que l’on va ensuite retrouver tout au long de l’exposition.

Le parcours suit un découpage bien précis voulu par la scénographie : autour des principales figures de Magritte, le feu, l’ombre, le rideau, les corps fractionnés… on tente de s’immerger complètement dans son esprit. Sandra, notre conférencière, nous explique le choix philosophique de René Magritte et son interprétation des images. Chacun réagit différemment à ses tableaux, certains ne sont pas étonnés par la poésie qui s’en dégage, d’autres semblent transportés par l’univers si personnel de l’artiste.

Rêve et imaginaire se côtoient… qui contrastent finalement avec le personnage de Magritte: toujours tiré à quatre épingles, en costume 3 pièces, peignant calmement auprès de son épouse Georgette et de son chien. C’est cela qui fait toute l’originalité de Magritte finalement.

Pied de nez ? © G. Héras
Pied de nez ?
© G. Héras

Beaucoup de questions ont été posées lors de la discussion au Who’s : pourquoi parler de poésie ? Comment ne pas être touché par son oeuvre ? Peut-on parler de choc émotionnel ? Avec Magritte, soit on accroche, soit on déteste. C’est là tout l’art de cet artiste qui encore aujourd’hui peut être incompréhensible mais apprécié par l’univers onirique qu’il suscite.

Une soirée finalement très riche en questionnement de soi, de l’art, du rêve…

Magritte c’est à Pompidou mais aussi ici !

Tintin, Haddock, Tournesol et Cie… C’est Hergé au Grand Palais !

On a marché sur la Lune ! © Moulinsart 2016
On a marché sur la Lune !
© Moulinsart 2016

Retour sur la sortie Talivera du samedi 22 octobre au Grand Palais. C’est le début des vacances scolaires, et il y a beaucoup de monde pour cette exposition qui ne présente plus Georges Rémi, le père de Tintin. On fait la queue et on discute avec les personnes du CE et leurs enfants… Heureusement, le temps est de la partie et on se demande pourquoi une exposition sur Hergé ? Et qu’allons-nous voir ?

Ce qu’on ne sait pas c’est que Hergé n’est pas uniquement un dessinateur de BD mais un vrai artiste, qui s’est essayé à l’art abstrait et à la publicité aux motifs très art déco !

Années 30 ces affiches non? © G. Héras
Années 30 ces affiches non?
© G. Héras

On débute le parcours avec la présentation de ses quelques toiles abstraites réalisées dans les années 60 qui révèlent un petit côté Miro, que Hergé admirait. Et puis on est confronté au collectionneur, admirateur de Warhol et Roy Lichtenstein. On découvre des sérigraphies et des séries de toiles des deux artistes américains. On ne doute pas que leur technique ait eu une certaine influence sur Hergé !

Ensuite, on est capté par toutes les planches originales qui sont exposées : certaines éclatent de couleurs, d’autres crèvent l’écran par leur originalité et leur détails que Hergé a voulu rendre les plus précis possibles… Celles du « Lotus Bleu » sont vraiment d’une extrême beauté !

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Typhon s’énerve ! Planche de l’abus « Vol 714 pour Sydney »

Les petits et grands curieux que nous sommes ont été aussi agréablement surpris : des murs entiers recouverts d’illustrations des différents albums et surtout des maquettes : le télescope de l’Observatoire de « l’Etoile Mystérieuse » et celle du château de Moulinsart où se dessinent les ombres du capitaine Haddock, de Tintin, de Milou, et de la Castafiore….  Le tout, revisité par une vraie photographie du château de Cheverny, le vrai « Moulinsart ».

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Où est le vrai Moulinsart ? © G. Héras
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Fasciné par les Dupont et Dupond ! © G. Héras

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière salle met tout le monde d’accord : conçue comme une salle « à selfie », les murs sont recouverts de tout les personnages des albums, qui brandissent des slogans plutôt amusants et « engagés », comme la camériste de la Castafiore, Irma qui tient une banderole « Oui pour la libération de la femme ». On prend plaisir à se prendre en photo aux côtés des Dupond et Dupont, de Milou, de Tintin, du professeur Tournesol ou de Rastapopoulos.

Vive le Yéti ! © G. Héras
Vive le Yéti !
© G. Héras

Une rétrospective réussie et suivie d’un goûter gourmand au MiniPalais. Chocolat chaud, café et mignardises ont accompagné notre petit quizz Hergé pour les enfants qui nous ont bluffé : pratiquement un sans faute ! Et débat animé autour du dessinateur en tant que peintre  : certains n’ont pas aimé son interprétation de l’art abstrait, d’autres ont été surpris par son âme de collectionneur. Une question récurrente : pourquoi finalement une grande rétrospective Hergé ? Quelle est la place d’un dessinateur aujourd’hui ? Les réponses ont été discutées…

Le grand mérite de cette exposition est d’avoir redonné à la bande dessinée une place égale aux arts majeurs (que sont la peinture, sculpture…). La bande-dessinée n’est plus aujourd’hui le 9ème art… Et vous qu’en pensez-vous ?

 

Hergé, c’est ici aussi !

De la lumière, de la poésie… Le temps suspendu chez Albert Marquet !

Nocturne au MNAM de Paris pour la rétrospective Albert Marquet. Une sortie Talivera avec visite guidée en compagnie de notre conférencière Marie-Sophie suivi d’un échange gourmand au « Galliera ».

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Douceur et calme : « Le Pyla », Musée des Beaux-Arts, Bordeaux © ADAGP, Paris 2016 / Musée des Beaux-Arts, Mairie de Bordeaux / L.Gauthier

Par un soleil couchant sur Paris, propice à la découverte de cet artiste moderne, l’atmosphère était détendue et nous entrons dans le vif du sujet : mais qui est donc Albert Marquet ? Il est peu connu mais quelquefois représenté lors d’expositions sur le paysage ou le modernisme… Car c’est vrai Albert Marquet est un paysagiste remarquable mais pas au sens classique du terme mais un paysagiste qui fait ressentir les éléments atmosphériques : la lumière, l’eau, les reflets, tout en adaptant le sujet au lieu où il a vécu, Paris et l’Algérie pendant la deuxième guerre mondiale.

Si Albert Marquet a passé sa vie à voyager entre les rives de la méditerranée et de la Seine, faisant du paysage et de l’eau, ses motifs favoris, il a construit son œuvre grâce à sa rencontre avec Henri Matisse en 1892 dans l’atelier de Gustave Moreau.

Du fauvisme auquel il est associé à ses débuts, il ne retient que quelques caractéristiques: la simplification des formes, une recherche de la couleur et une improvisation des sujets. Ses premiers tableaux le montrent notamment ses nus, sensuels et provocants, et ses vues de Paris aux couleurs vives délimitées par le trait épais noir des fauvistes que l’on retrouve chez Matisse, Vlaminck…

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De la couleur dans « Affiches à Trouville » 1906 National Gallery of Art, Washington © ADAGP, Paris 2016 / Image courtesy of the National Gallery of Art, Washington

On retrouve aussi l’influence des estampes japonaises dans le tracé et le choix de la composition de ses sujets. Une salle, entièrement consacrée à ses dessins à l’encre de Chine, le dévoile.

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Vie quotidienne et trait maîtrisé dans « La charrette à bras », 1904, Musée des Beaux-Arts – Mairie de Bordeaux © ADAGP, Paris 2016

Mais ce qui le différencie des Fauves, c’est une recherche d’une harmonie tonale, une volonté de synthétiser les sujets avec justesse et équilibre… Son obsession du paysage, dont la dimension méditative et toute empreinte d’émotion, fait de Marquet un peintre unique.

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Jeu de miroirs : « La Varenne Saint- Hilaire, la barque », 1913 © Richard Nathanson, Londres / ADAGP, Paris 2016

De nature discrète,  timide, c’est un plaisir de plonger dans son univers et de trouver presque un apaisement…  Une soirée qui s’est terminée sereinement au restaurant Galliera où nous nous sommes interrogés sur ce peintre si atypique : une ressemblance avec Monet avec ses les séries des « Notre-Dame » mais avec son style étonnant. Une réelle impression des clapotis de l’eau dans les diverses vues de la baie de Naples. De l’eau, rien que de l’eau, juste peindre l’eau et le ciel finalement.

Une découverte impressionnante pour Joelle, une envie de retourner au bord de la mer pour Catherine et juste la lumière du ciel et de l’eau pour Roger. Les mots de Charles Baudelaire pourrait tout à fait convenir pour définir Albert Marquet : « Là tout n’est qu’ordre et beauté, (…) calme et volupté »…

Albert Marquet, c’est là aussi

Lumière, verrière… à Paris dans les célèbres « Passages couverts » !

« Vous qui flanez sur les grands boulevards… y’a tant de choses tant de choses à voir (…) ». C’est vrai, il y a tant de choses à voir dans les fameux passages couverts parisiens, comme celui des Panoramas qui donne sur les célèbres Grands Boulevards…

Soirée entreprise Talivera, mardi soir à la découverte de ces passages insolites. La visite guidée par notre conférencière Marie-Sophie nous a entraîné du Palais-Royal, en traversant les passages Véro-Dodat, Vivienne, Colbert pour terminer par celui des Panoramas.

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Le Palais-Royal, début de notre visite : le groupe attentif aux explications de Marie-Sophie ! © G. Héras

Pourquoi ces passages ont-ils été construits ? Au temps de la Révolution Française, les rues de Paris sont encore boueuses, sans trottoirs ni égouts, et très mal éclairées. L’influence croissante de la bourgeoisie et le développement du commerce ont engendré la construction de ces passages couverts permettant aux Parisiens d’effectuer leurs achats en toute tranquillité, à l’abri des intempéries et du brouhaha de la rue. Ces passages datent pour la plupart des années 1800 et 1850.

Principalement situés sur la rive droite de la Seine, ils allient la modernité de verrières et d’éclairages au gaz avec un raffinement de sculptures et de mosaïques au sol. Celui de la galerie Vivienne est sans conteste un rappel des mosaïques italiennes de la Renaissance…

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Verrière du passage Colbert © G. Héras
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Galerie Vivienne: un gentleman sur le pavement mosaïque © G. Héras

Devenus des lieux de commerces de luxe et de cafés, souvent associés à un théâtre, ils sont parmi les rendez-vous parisiens préférés des flâneurs.  Les passages couverts font partie intégrante du charme de Paris et incitent à la balade au milieu de boutiques, dans un univers de librairies, d’antiquaires et de salons de thé.

C’est au terme du passage des Panoramas que nous avons terminé notre visite dans un restaurant par un petit quizz qui a motivé notre groupe en attendant les apéritifs ! Tous se sont montrés joueurs et ont répondu aux questions spéciales « Passage parisien » avec humour et… réflexion.

Une belle soirée qui se clôt par le « goût de la lumière » des passages couverts … A méditer….

Les passages parisiens, c’est aussi ici

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Les Panoramas : Théâtre des variétés et restaurants © G. Héras
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Passage Véro-Dodat, lumière et verrière ! © G. Héras