Archives pour l'étiquette sortie culturelle et gourmande

Allier les plaisirs de la découverte à une bonne table et partageons l’événement !

Victor Hugo, entrez dans l’intimité du grand homme !

Parcours découverte : Visite guidée suivie d’un café-échange entre 13 participants. 

Voici que par un froid tenace, un groupe de courageux curieux s’est rassemblé sur la place des Vosges. Préambule à toute évocation de la vie de l’auteur le plus populaire, cette ancienne place royale rappelle de grands événements de l’histoire de France et la vitalité de tout un quartier : le marais. Du XVIIe siècle à nos jours, il a su se réinventer et accueillir des générations de brillants artistes dont Victor Hugo qui y a passé pas moins de 16 années de sa vie, sans doute parmi les plus heureuses !
Passées les arcades, on se retrouve bien au chaud dans sa maison.  La découverte de cette vie bien remplie a été permise par la visite des salles qui recréent l’appartement de la famille Hugo. Des débuts de carrière, où l’insolence le dispute au génie, à l’exil et au deuil, il n’y a guère qu’à passer une porte. Mais quelle chance ! QuelquMaison Victor Hugoes pas de plus conduisent les 13 participants à la sortie dans les souvenirs du vénérable grand père, adoré de ses petits enfants et de toute une nation qui le célèbre comme un héros digne d’Homère.

Maison Victor Hugo
À chaque nouvelle étape du parcours, ce sont des souvenirs de famille qui resurgissent, photographies, portraits peints, manuscrits, menus objets offerts ou même fabriqués par le poète pour ses enfants ou sa maitresse, Juliette Drouet… Cette même maitresse dont on découvre le salon chinois, rapporté de Guernesey pour habiller les murs de l’appartement parisien tant ils rappellent ceux de Hauteville House, la demeure britannique du poète. Et que serait Hugo sans ses fantaisies ? Le mobilier chiné ici et là, démonté et remonté pour le plus grand plaisir du bricoleur, les petites figurines de céramique et les jeux de mots ou encore les énigmes cachés dans le décor.

L’émotion qui nous gagne à la vue de la chambre où cette force de la nature a vécut ses dernières heures sonne la fin de la visite et nous voilà partis pour le début d’échanges de sensations entre les participants.

restaurant Paris
restaurant Paris

Du grand homme nous relevons surtout sa prestance, sa longue carrière et ses succès précoces, sa vie amoureuse mouvementée, sa curiosité et l’énergie employée dans toutes les branches de la création, son engagement politique, l’amour porté à sa famille, ses chagrins enfin et son statut d’icône de la culture française, un monument !
Buste Victor Hugo
Une belle évasion culturelle et littéraire à l’image de l’homme de lettres, curieuse, polyphonique et pleine d’énergie !

Guenièvre Kervelle Delachaussée, guide-conférencière

(Sortie culturelle du samedi 13 décembre 2017 après-midi)

Du beau, du bon, de l’émotion, à la Fondation Vuitton !

jolies couleurs, joli Buren © G. Héras

Visite après-midi Talivera de la collection Chtchoukine à la Fondation Vuitton.

Première impression en arrivant sur place : de la couleur par les aplats de verre de Daniel Buren sur la façade de ce gigantesque navire sur l’eau en plein Jardin de l’Acclimatation. Un heureux mélange de couleurs primaires: bleu, orange, vert, jaune et violet. C’est déjà une réussite et cela nous met dans l’ambiance des oeuvres que nous allons voir… Car il faut le rappeler la collection de ce grand mécène russe du XIXème siècle rassemble de nombreux chefs-d’oeuvres de l’art moderne français, d’artistes tels que Matisse, Gauguin, Cézanne, Picasso…

Qui est ce Sergueï Chtchoukine ? C’est presque le « Bernard Arnault » russe du XIXème. Grand magnat du textile, il avait constitué un véritable trésor qui rassemblait pas moins de 275 oeuvres d’artistes de l’art moderne français. Son inventaire donne presque le vertige : 54 Picasso (tiens c’est drôle lui qui ne l’appréciait pas tant que cela), 41 Matisse (l’ami de toujours), 16 Gauguin (l’exotisme mais aussi l’iconostase), 13 Monet, sans compter, quelques Degas, Manet, Maurice Denis, Toulouse-Lautrec et des Cézanne (bref, les pères de la modernité). Autant d’oeuvres élevées ainsi au rang d' »icônes »! Et oui, c’est bien le titre de cette exposition : « Icônes de l’art moderne« .

André Derain, couleurs ocres et soleil © G. Héras
André Derain, couleurs ocres et soleil
© G. Héras

Evidemment, ce grand rassemblement fait le buzz et on profite de l’attente dans la file (des réservations) pour faire le point sur cette incroyable collection de peintures… On débat, on se pose des questions, on espère voir les Matisse, tant convoités car il faut le dire, toutes ces pièces ont été dispersées entre le musée Pouchkine à Moscou et le musée de l’Ermitage à St Petersbourg. On prend le temps de connaître mieux ce personnage et on se rend compte que sa collection de peintures est intimement liée à sa vie privée. Chtchoukine a connu des drames dans sa vie : deux de ses fils se sont suicidés et sa première épouse est morte d’un cancer foudroyant. Il se retrouve à acheter en masse et à se réfugier en quelque sorte dans son univers à l’intérieur de son palais Troubetskoï.

Il faut dire que ses premiers achats ne sont pas des moindres. Ce sont des Monet, des Pissarro… Il a su s’entourer de bonnes personnes et notamment des célèbres marchands d’art français de l’époque comme Ambroise Vollard ou Paul Durand-Ruel.

Les tableaux impressionnistes, Nabis et Post-symbolistes sont dans la première salle de l’exposition et réellement mis en valeur par l’utilisation d’un fond gris et d’une réinterprétation de la salle du palais Troubetskoï où ces tableaux étaient exposés.

Puis, nous traversons les étages pour arriver à la salle des Gauguin qui explosent à notre visage tellement les couleurs sont vives et magnifiques. Du jaune, du rose, de la couleur dorée des corps des femmes polynésiennes, coupent le souffle. Nous continuons notre ascension pour arriver à l’immense salle des Matisse, le maître du Fauvisme.

Grands formats, et là, la « Desserte Rouge » nous émerveille : du rouge que du rouge agrémentée de bleu. Autant d’aplats de couleurs qui crée presque la profondeur du tableau. C’est notre oeil qui crée la perspective car Matisse peint en simplifiant les formes et les couleurs et réussit à nous transmettre une certaine émotion de joie… et d’apaisement lorsque l’on regarde sa toile des « Poissons rouges ».

 

La "Desserte rouge" de Matisse"... Explosion de couleurs ! © G. Héras
La « Desserte rouge » de Matisse »… Explosion de couleurs !
© G. Héras
Les poissons rouges de Matisse Calme et joie des couleurs © G. Héras
Les poissons rouges de Matisse (détail)
Calme et joie des couleurs
© G. Héras

Les dernières salles sont consacrées au cubisme et aux débuts de l’abstraction. Plusieurs Picasso sont exposés et mis en parallèle avec les oeuvres d’artistes russes contemporains comme Kasimir Malévitch, Olga Gontcharova ou encore Vladimir Tatline. En effet, il faut rappeler que Chtchoukine faisait « visiter » sa collection à la grande bourgeoisie russe et aux artistes voulant connaître l’art français moderne. Cette influence fut très importante sur eux et est à l’origine de l’avant-garde russe artistique.

La dame à l'éventail de Picasso Cubisme, Afrique... © G. Héras
La dame à l’éventail de Picasso
Cubisme, Afrique…
© G. Héras
La porteuse d'eau de Kasimir Malévitch Cubisme et influence de Picasso indéniable... © G. Héras
La porteuse d’eau de Kasimir Malévitch
Cubisme et influence de Picasso indéniable…
© G. Héras

Magnifique collection réparties sur les quatre étages de la Fondation… Tant de choses à voir et à échanger pour le groupe au Frank, le restaurant du musée. Une première et unique impression :  la COULEUR omniprésente… Autour d’un thé gourmand, nous avons pu également échanger sur la qualité de « collectionneur ».

Un petit côté Matisse ? Poissons du Frank tous dorés... © G. Héras
Un petit côté Matisse ? Poissons du Frank tous dorés…
© G. Héras

Faut-il réellement compter de nos jours sur des mécènes hommes d’affaires pour promouvoir l’art et reconstituer ainsi une collection aussi rare de chefs-d’oeuvres ? Avis partagés et discussion animée… On reste assez ébloui par autant de toiles magnifiques réunies en un seul endroit… Une vraie réussite !

La collection Chtchoukine, à découvrir ici aussi !

 

 

Tintin, Haddock, Tournesol et Cie… C’est Hergé au Grand Palais !

On a marché sur la Lune ! © Moulinsart 2016
On a marché sur la Lune !
© Moulinsart 2016

Retour sur la sortie Talivera du samedi 22 octobre au Grand Palais. C’est le début des vacances scolaires, et il y a beaucoup de monde pour cette exposition qui ne présente plus Georges Rémi, le père de Tintin. On fait la queue et on discute avec les personnes du CE et leurs enfants… Heureusement, le temps est de la partie et on se demande pourquoi une exposition sur Hergé ? Et qu’allons-nous voir ?

Ce qu’on ne sait pas c’est que Hergé n’est pas uniquement un dessinateur de BD mais un vrai artiste, qui s’est essayé à l’art abstrait et à la publicité aux motifs très art déco !

Années 30 ces affiches non? © G. Héras
Années 30 ces affiches non?
© G. Héras

On débute le parcours avec la présentation de ses quelques toiles abstraites réalisées dans les années 60 qui révèlent un petit côté Miro, que Hergé admirait. Et puis on est confronté au collectionneur, admirateur de Warhol et Roy Lichtenstein. On découvre des sérigraphies et des séries de toiles des deux artistes américains. On ne doute pas que leur technique ait eu une certaine influence sur Hergé !

Ensuite, on est capté par toutes les planches originales qui sont exposées : certaines éclatent de couleurs, d’autres crèvent l’écran par leur originalité et leur détails que Hergé a voulu rendre les plus précis possibles… Celles du « Lotus Bleu » sont vraiment d’une extrême beauté !

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Typhon s’énerve ! Planche de l’abus « Vol 714 pour Sydney »

Les petits et grands curieux que nous sommes ont été aussi agréablement surpris : des murs entiers recouverts d’illustrations des différents albums et surtout des maquettes : le télescope de l’Observatoire de « l’Etoile Mystérieuse » et celle du château de Moulinsart où se dessinent les ombres du capitaine Haddock, de Tintin, de Milou, et de la Castafiore….  Le tout, revisité par une vraie photographie du château de Cheverny, le vrai « Moulinsart ».

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Où est le vrai Moulinsart ? © G. Héras
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Fasciné par les Dupont et Dupond ! © G. Héras

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière salle met tout le monde d’accord : conçue comme une salle « à selfie », les murs sont recouverts de tout les personnages des albums, qui brandissent des slogans plutôt amusants et « engagés », comme la camériste de la Castafiore, Irma qui tient une banderole « Oui pour la libération de la femme ». On prend plaisir à se prendre en photo aux côtés des Dupond et Dupont, de Milou, de Tintin, du professeur Tournesol ou de Rastapopoulos.

Vive le Yéti ! © G. Héras
Vive le Yéti !
© G. Héras

Une rétrospective réussie et suivie d’un goûter gourmand au MiniPalais. Chocolat chaud, café et mignardises ont accompagné notre petit quizz Hergé pour les enfants qui nous ont bluffé : pratiquement un sans faute ! Et débat animé autour du dessinateur en tant que peintre  : certains n’ont pas aimé son interprétation de l’art abstrait, d’autres ont été surpris par son âme de collectionneur. Une question récurrente : pourquoi finalement une grande rétrospective Hergé ? Quelle est la place d’un dessinateur aujourd’hui ? Les réponses ont été discutées…

Le grand mérite de cette exposition est d’avoir redonné à la bande dessinée une place égale aux arts majeurs (que sont la peinture, sculpture…). La bande-dessinée n’est plus aujourd’hui le 9ème art… Et vous qu’en pensez-vous ?

 

Hergé, c’est ici aussi !

Patinage et danse contemporaine, c’est « Vertical Influences » !

Jeudi 16 juin, nous sommes en route pour aller voir le spectacle « Vertical Influences » , une création dont nous n’en connaissons pas grand chose mis à part qu’il a lieu à la patinoire de Bercy-AccorHotels Arena. Dans le groupe, certains sont des connaisseurs du patinage, d’autres pas du tout…qu’allons-nous découvrir ? De la danse sur glace ou du patinage ?

En attente du spectacle… © L. Lenglart

« Vertical Influences », qu’est-ce que c’est ? C’est un spectacle orchestré par la compagnie du « Patin libre ». « Le Patin Libre est une compagnie montréalaise de patinage contemporain.  Cet art de la scène utilise la glace, des patins et des mouvements glissés en tant que médias.  La première troupe a été formée en 2005 par d’anciens patineurs de fantaisie de haut niveau.  Ils se sont regroupés avec le désir de transformer leur athlétisme en un moyen d’expression libre.  Loin des stéréotypes et des paillettes, les créations du Patin Libre proposent de réelles œuvres d’auteurs qui exploitent les possibilités scéniques et chorégraphiques inouïes de la glisse. »

Installés face à la scène, le spectacle commence : musique et entrée des patineurs ! On est rapidement transporté dans leurs mouvements. Dans leurs glisses !

« Influences », le titre de cette première partie du spectacle symbolise la danse d’un groupe… et ce qu’il peut faire de plus beau : un mouvement d’ensemble synchronisé au rythme de la musique. Les 5 patineurs ne font plus qu’un, et tout devient harmonie… Que se passe t-il alors quand l’un d’entre eux sort du groupe ? Emancipation, dépendance, confiance, appartenance…

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Harmonie et indépendance : « Influences » © L. Lenglart

On change de place pour la deuxième partie du spectacle : « Vertical ». Nous sommes plus proches des patineurs, en contact presque direct avec eux. Le résultat est réussi : on apprécie leurs « tableaux » de danseurs sur glisse ! C’est plein d’énergie !

Pourquoi le titre « Vertical » de ce deuxième volet du spectacle ? Est-ce le mouvement du patineur dans son inclinaison ? Sa « droiture » dans le geste de patinage ? Les avis sont partagés lors de la discussion au restaurant.

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Salut des artistes ! © L. Lenglart
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Rencontre avec les patineurs. Merci pour cette magnifique prestation ! © L. Lenglart

Le spectacle se prolonge au restaurant, le Chai33, Cour Saint Emilion, à 10 mn de marche (il ne pleut pas !) pour partager nos impressions, nos avis, ce qu’on a aimé ou pas, ce qui nous a interpellé…

Pour Michel, c’est avant très physique. La première partie, « Influences », c’est « l’invitation ». L’entrainement par le groupe et le rapport au groupe sont très bien représentés. Ils s’invitent les uns les autres. « Je patine, et cela me donne des idées ». La compagnie, le « Patin Libre » nous « invite » à voir le patinage autrement.

 Sylvie a aimé comme d’autres, la synchronisation de ce quintet. Il y a un style nouveau, certes mais ils pourraient aller plus loin : le haut et le bas ne sont pas exploités par exemple. Pour Cathy, qui connait bien la discipline, on n’est plus dans les règles du patinage artistique et il n’est pas si facile de s’en détacher et d‘apprécier pleinement cette nouvelle approche. Enfin, pour d’autres, qui ont moins de repères dans le patinage artistique, on entre plus facilement dans le spectacle. C’est une création, une expression artistique. C’est de la danse contemporaine de glisses.

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Discussion sur le spectacle ! © L. Lenglart
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Ambiance au Chai 33 © L. Lenglart

Un petit clin d’œil : que signifie « garocher » ?  Pourquoi l’un des patineurs était-il en short ?

Le mot de la fin ? Allez les voir ! Un style nouveau fascinant, sans extravagance, tout en glisse, tout en beauté.

Vertical Influences, c’est par ici aussi !

De la lumière, de la poésie… Le temps suspendu chez Albert Marquet !

Nocturne au MNAM de Paris pour la rétrospective Albert Marquet. Une sortie Talivera avec visite guidée en compagnie de notre conférencière Marie-Sophie suivi d’un échange gourmand au « Galliera ».

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Douceur et calme : « Le Pyla », Musée des Beaux-Arts, Bordeaux © ADAGP, Paris 2016 / Musée des Beaux-Arts, Mairie de Bordeaux / L.Gauthier

Par un soleil couchant sur Paris, propice à la découverte de cet artiste moderne, l’atmosphère était détendue et nous entrons dans le vif du sujet : mais qui est donc Albert Marquet ? Il est peu connu mais quelquefois représenté lors d’expositions sur le paysage ou le modernisme… Car c’est vrai Albert Marquet est un paysagiste remarquable mais pas au sens classique du terme mais un paysagiste qui fait ressentir les éléments atmosphériques : la lumière, l’eau, les reflets, tout en adaptant le sujet au lieu où il a vécu, Paris et l’Algérie pendant la deuxième guerre mondiale.

Si Albert Marquet a passé sa vie à voyager entre les rives de la méditerranée et de la Seine, faisant du paysage et de l’eau, ses motifs favoris, il a construit son œuvre grâce à sa rencontre avec Henri Matisse en 1892 dans l’atelier de Gustave Moreau.

Du fauvisme auquel il est associé à ses débuts, il ne retient que quelques caractéristiques: la simplification des formes, une recherche de la couleur et une improvisation des sujets. Ses premiers tableaux le montrent notamment ses nus, sensuels et provocants, et ses vues de Paris aux couleurs vives délimitées par le trait épais noir des fauvistes que l’on retrouve chez Matisse, Vlaminck…

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De la couleur dans « Affiches à Trouville » 1906 National Gallery of Art, Washington © ADAGP, Paris 2016 / Image courtesy of the National Gallery of Art, Washington

On retrouve aussi l’influence des estampes japonaises dans le tracé et le choix de la composition de ses sujets. Une salle, entièrement consacrée à ses dessins à l’encre de Chine, le dévoile.

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Vie quotidienne et trait maîtrisé dans « La charrette à bras », 1904, Musée des Beaux-Arts – Mairie de Bordeaux © ADAGP, Paris 2016

Mais ce qui le différencie des Fauves, c’est une recherche d’une harmonie tonale, une volonté de synthétiser les sujets avec justesse et équilibre… Son obsession du paysage, dont la dimension méditative et toute empreinte d’émotion, fait de Marquet un peintre unique.

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Jeu de miroirs : « La Varenne Saint- Hilaire, la barque », 1913 © Richard Nathanson, Londres / ADAGP, Paris 2016

De nature discrète,  timide, c’est un plaisir de plonger dans son univers et de trouver presque un apaisement…  Une soirée qui s’est terminée sereinement au restaurant Galliera où nous nous sommes interrogés sur ce peintre si atypique : une ressemblance avec Monet avec ses les séries des « Notre-Dame » mais avec son style étonnant. Une réelle impression des clapotis de l’eau dans les diverses vues de la baie de Naples. De l’eau, rien que de l’eau, juste peindre l’eau et le ciel finalement.

Une découverte impressionnante pour Joelle, une envie de retourner au bord de la mer pour Catherine et juste la lumière du ciel et de l’eau pour Roger. Les mots de Charles Baudelaire pourrait tout à fait convenir pour définir Albert Marquet : « Là tout n’est qu’ordre et beauté, (…) calme et volupté »…

Albert Marquet, c’est là aussi

Au centre Georges Pompidou, on y expose de l’ironie et de l’humour !

Jeudi 2 juin : Nocturne au Centre Georges Pompidou pour l’exposition « Paul Klee, l’ironie à l’oeuvre » avec Talivera.

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Petit avant-goût… © L. Lenglart

Paul Klee, artiste de l’art moderne… mais pourquoi l’ironie ? Le propos est de montrer à travers la pensée du philosophe Friedrich Schlegel, que l’ironie romantique : « (…) doit être plaisanterie, et tout doit être sérieux, tout offert à cœur ouvert, et profondément dissimulé ». Une « bouffonnerie transcendantale »… Un peu compliqué, diriez-vous… mais facile à comprendre quand on se trouve devant une oeuvre peinte de Paul Klee, notamment devant un de ses dessins ou encore une de ses caricatures.

Chez Paul Klee, l’oeil s’amuse tout en couleurs… et l’artiste lui-même s' »auto-ironise » : il est à la fois distant dans le choix de ses sujets, doté d’un esprit farceur, railleur qui aime se moquer et parodier avec une grande subtilité.

En compagnie de Sandra, la guide-conférencière, on découvre un artiste insaisissable par excellence qui semble se dérober à chaque tentative de classification.

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Le groupe attentif aux explications de Sandra © L. Lenglart

Ambivalence ou dualité ? Les deux… Par son origine, suisse ou allemande, par sa carrière artistique, musicien ou peintre, par l’utilisation physique de sa main, moitié gaucher moitié droitier, par son style, figuratif ou abstrait.

Autant de questionnements que l’on peut se poser en regardant son oeuvre… pour finir en discussion au Who’s pour un quizz-debriefing ! Qui dit auto-ironie dit auto-quizz. Nos participants ont joué le jeu tout en donnant leur avis : certains ont trouvé Paul Klee mélancolique, tourmenté et sombre, d’autres ont apprécié la symbolique se cachant dans ses toiles.

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A quoi cela vous fait penser ? © L. Lenglart
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De drôles de marionnettes ! © L. Lenglart

Finalement, Paul Klee est un artiste qui se caractérise par un style complètement personnel, inspiré par les mouvements artistiques comme le cubisme, le dadaïsme, le constructivisme, dont il s’inspire pour mieux s’en détourner. C’est cette façon de « jouer » qui laisse perplexe…  Quelle ironie !

L’expo, c’est ici

 

Le Douanier Rousseau, vers un style archaïque?

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Le Rêve, MOMA, NY. Du classique avec le nu mais une jungle complètement imaginaire ! Photo: © G. Héras

Le 22 mars prochain ouvrira au musée d’Orsay, la rétrospective « Le Douanier Rousseau. L’innocence archaïque ». On dit que sa peinture est naïve et innocente. Souvent moqué de son temps par les critiques d’art, le Douanier Rousseau n’en reste pas moins l’un des peintres les plus importants de la modernité.

Son influence sur les artistes du XXème siècle est indéniable et nombreux sont ceux qui ont repris certains de ses motifs et certaines caractéristiques de son style. Il est vrai qu’il utilise des couleurs tranchées et vives avec un dessin simple aux formes plates sans relief. Ce qui attire chez lui, c’est les thèmes qu’il choisit et représente. Des jungles sauvages aux paysages de campagne françaises, le Douanier Rousseau recrée un univers qui n’appartient qu’à lui avec un style qui lui est propre et reconnaissable entre mille. Lui qui est un vrai autodidacte de la peinture et qui n’a jamais voyagé hors de France nous apporte un imaginaire tantôt foisonnant de végétation tantôt complètement fantasmé qui fait de lui un artiste inclassable.

La Noce. Musée de l’Orangerie. Un portrait tout simplement émouvant

C’est cette part de rêve qui a séduit les artistes et lui donne cette modernité. Alors, innocence ou archaïsme ? C’est ce voyage au coeur de l’oeuvre du Douanier Rousseau que nous propose le musée d’Orsay . Une exposition à ne pas manquer !

Talivera vous propose un jeu-concours « Douanier Rousseau » pour gagner votre billet d’entrée à l’exposition. Alors à vos marques, prêts, partez ! Répondez à ces trois questions:

  1. Pourquoi Henri Rousseau est-il surnommé le « Douanier Rousseau » ?
  2. Qui a dit de Henri Rousseau à propos d’une de ses oeuvres : « Cette année, personne ne rit, tous sont unanimes : ils admirent. » ?
  3. Quel lieu très connu inspira Henri Rousseau pour ses peintures des « Jungles » ?

10 billet d’entrées pour l’exposition seront attribuées aux 10 premières personnes ayant répondu correctement jusqu’au 25 mars. A vous de jouer !

 

L’Envers du décor

Le vendredi 4 mars 2016 à Paris : sortie événement au Théâtre de Paris pour « L’Envers du décor » suivi d’un restaurant chez « Albert ».

En avant-propos, une pièce de théâtre de Florian Zeller mise en scène par Daniel Auteuil avec Daniel Auteuil et Valérie Bonneton, cela vaut-il le détour ?

La réponse est : Oui ! Et les réactions de notre groupe de 13 personnes après la pièce sont unanimes :

C’est une histoire de couple et d’amitié avec de bons ingrédients et un texte riche. L’auteur, F. Zeller a bien compris le théâtre de boulevard contemporain avec un zeste de Molière même si au début cela nous déstabilise quelque peu. L’effet miroir est très bien exploité: on passe de ce qu’il pense à ce qu’il dit. Et, les comédiens (Daniel Auteuil en réincarnation de Louis de Funès) nous emmènent dans leur jeu sans voir le temps passer.

C’est une pièce vraiment divertissante sur des thèmes abordés comme la jeunesse, la jalousie, la nostalgie… « C’est émouvant ! » dixit aussi une des personnes du groupe.

FILM "UN HOMME"
Valérie Bonneton et Daniel Auteuil

La réplique que l’on a le plus retenu : « Ah moi je ne pourrai jamais faire ce que mon pote a fait ! »…

Dans « vos avis, à vous ! » (critères sur le texte, le jeu des acteurs, le rire, l’intérêt et la mise en scène et décor) , il a été classé en premier,  le jeu des acteurs puis en deuxième, le rire et la mise en scène.

Après L’Envers du décor, on a envie d’échanger sur la question principale qui ressort de la pièce : Faut-il dire tout ce que l’on pense ?

Alors, qu’en pensez-vous ?

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La comtesse Greffulhe, un personnage complexe…

Expo Galliera
Une robe qui a du style, Maison Worth, robe aux lys  © L. Degrâces et Ph. Joffre/ Galliera/ Roger-Viollet

Hier a eu lieu la visite guidée de l’exposition au Palais Galliera « La mode retrouvée, les robes-trésors de la comtesse Greffulhe ». Commentée par MS Perret, chacun a pu découvrir la vie fascinante de cette femme extraordinaire qui a su mettre à profit sa position et sa beauté.

Allez voir vite cette exposition! Car elle se termine le 20 mars 2016. Vous pourrez admirer ses robes griffées, véritables oeuvres d’art personnalisées qui nous transportent et nous font imaginer la « souveraineté » de la comtesse sur le Gotha du tout Paris de l’époque.

La plus belle femme de Paris était aussi une femme avant-gardiste qui mena des combats pour la promotion de spectacles, la cause des femmes et contribua, en levant des fonds, aux travaux scientifiques de Marie Curie.

Il était bien temps de lui rendre hommage avec cette exposition et, surtout, en dehors du personnage de la duchesse Guermantes du roman « A la recherche du temps perdu »  de Marcel Proust qu’elle a inspiré.

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Pause gourmande et discussion: mode ou apparat ?

La prolongation de la visite guidée, pour le plaisir d’une pause gourmande mais également pour partager nos impressions, était vraiment intéressante. Pour certains, la comtesse Greffulhe était surtout une femme de pouvoir. D’autres ont opté pour dire que la comtesse Greffulhe était finalement une femme intelligente, pragmatique et moderne… Une femme étincelante, certes, mais aussi une femme de caractère et un peu égocentrique avec l’épisode de sa fille.

Complexe dites-vous cette personnalité ?

Nous avons ensuite échangé sur l’importance de l’habit. On peut dire que la féminité dans les tenues n’est pas toujours d’aussi bon goût aujourd’hui ! Pourtant la mode s’est démocratisée et n’est plus réservée à une seule élite. Vous avez dit « dress code » dans le monde du travail ? Eh bien, oui, il existe d’une certaine façon et a évolué heureusement ! Il faut savoir que la femme ne pouvait pas porter de pantalon au travail et ce, encore en 1980 dans certaines entreprises…

En tout cas, certaines seraient d’accord pour emprunter une de ses magnifiques robes, à traîne ou année 20… pour une soirée, pour se mettre à l’honneur, comme les Espagnoles ou les Italiennes qui se changent pour leur soirée. Par contre, se changer 5 fois par jour, on évitera. On aime les belles robes mais aussi le côté pratique…

 

Retour sur Bettina Rheims !

Le groupe Talivera écoutant attentivement le conférencier
Le groupe Talivera écoutant attentivement le conférencier © L. Lenglart (photo)
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Une discussion autour du « Genre » avec le groupe © G. Héras (photo)

 

Samedi 13 février a eu lieu la sortie « Talivera » avec la visite guidée de l’exposition Bettina Rheims à la Maison Européenne de la Photographie. Trois étages sont consacrés à cette photographe qui exprime son art par une vision voluptueuse, érotique et presque sacralisée de la femme… du corps nu de la femme.

A travers de grands formats, on admire les portraits de mannequins, de parfaites inconnues ou d’actrices, tels que ceux réalisés de Charlotte Rampling, par exemple, où Bettina Rheims a su retranscrire la beauté froide mais fragile de son modèle.

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La série « Héroïnes », Bettina Rheims © G. Héras (photo)

La visite guidée était menée par un conférencier qui a su capter notre attention et nous expliquer brillamment le travail de la photographe: son angle d’approche de la nudité, ses influences artistiques (Marcel Duchamp, une comparaison des corps des dessins d’Egon Schiele avec ceux de Bettina n’était pas dénuée de tout intérêt), sa provocation dans le choix des sujets et une utilisation baroque de la couleur.  Celle qui ne travaille qu’en studio et en collaboration avec des scénaristes ou critiques d’art (son ex-mari Serge Bramly) a su également sortir des sentiers battus en réalisant une série photographique sur des femmes en prison. Là, elle donne un regard différent et met au même niveau ces femmes aux mannequins qu’elle photographie.

La femme est en effet son sujet de prédilection et ce qui est étonnant c’est que l’on ne trouve qu’un seul portrait masculin, celui de Mickey Rourke qui, pour elle, est le parfait « mauvais garçon ». Et il n’est pas nu ! La plupart de ses portraits montrent des modèles nus dans des poses et accessoires provocants: on passe du sado-masochisme, du suggestif, de l’érotique au mélange des genres « masculin-féminin »… Tout un cycle y est d’ailleurs consacré et s’appelle « Modern Lovers » : homme devient femme ou femme devient homme ?Provocation ou non avec sa série « I.N.R.I » ? Nudité érotique ou porno chic avec des photos plus que suggestives dans une salle particulière réservée au moins de 18 ans ?

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La série « Modern Lovers », Bettina Rheims © G. Héras (photo)

Autant de questions qui font de la photographie de Bettina Rheims un art ou un… scandale ? A vous d’en juger !