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Daimyo, Seigneurs de la guerre

« Il y a, dans une alcôve à demi-obscure, dressée sur un chevalet, l’armure des Hisamatsu ; et le casque qui la surmonte est si effrayant dans l’ombre, qu’on croit voir l’apparition soudaine d’un ancêtre mécontent, fronçant le sourcil » André Darçais, Revue des deux mondes, 1922

On caractérise bien souvent la culture du Japon grâce aux mangas, aux samouraïs ou à la pop culture, mais peu d’entre nous connaissent réellement l’histoire de l’archipel nippon.
Une exposition nous offre en ce moment l’occasion de découvrir une partie de cette culture à travers la figure des « Daimyo, seigneurs de la guerre au Japon ».

Les Daimyos étaient des gouverneurs très puissants appartenant à la noblesse japonaise moyenâgeuse. Ils sont des figures clés de l’histoire féodale du Japon, et ont notamment marqué les esprits grâce à leurs célèbres armures. Ces panoplies guerrières, symboles de la puissance de Daimyos et de leur clan, sont la preuve d’une grande maîtrise technique mais aussi de la virtuosité esthétique de ce peuple. Chaque détail de l’armure est le reflet d’un choix politique réfléchi.
De façon très originale, cette exposition mettant à l’honneur les armures de ces seigneurs est répartie sur en trois lieux situés à cinq minutes à pied les uns des autres. Le musée Guimet et l’hôtel d’Heidelbach rendent hommage aux traditions japonaises en plaçant, dans une ambiance tamisée, les armures en position assise comme le faisaient les Daimyos lors de leurs cérémonies. Le Palais de Tokyo, lui, offre une scénographie radicalement décalée, plus moderne et novatrice avec « Le corps analogue », un espace ultra-moderne où technologie et tradition sont confrontées. Le tout est imaginé par George Henry Longly, artiste contemporain et collectionneur britannique.

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Dans ces 3 présentations complémentaires, l’esprit des Daimyos est toujours présent. Malgré les différences des lieux, des ambiances et des époques qui sont proposées, les visiteurs évoluent dans une atmosphère étonnante, presque magique, créée par ces armures imposantes qui incarnaient la présence du seigneur dans sa maison en cas d’absence et qui impressionnent encore aujourd’hui. On est intimidé devant le caractère majestueux de ces panoplies, et charmé par la beauté des couleurs et des motifs.

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Grâce à Talivera, entrez vraiment dans le monde des Daimyos: profitez d’une visite de l’exposition organisée par un guide conférencier (trois lieux) suivie d’une activité conviviale
à découvrir bientôt sur le site https://talivera.fr/

« Daimyo, seigneurs de la guerre au Japon » à découvrir à l’hôtel d’Heidelbach, au musée Guimet et au Palais de Tokyo jusqu’au 13 mai 2018.

Elisa BRUEL

 

Visuels:  palaisdetokyo.com   connaissancedesarts.com

Le Petit-Maître corrigé à la Comédie Française

Jusqu’au 12 avril, la Comédie-Française présente « Le Petit-Maître corrigé » de Marivaux, et c’est un vrai défi que Clément Hervieu-Léger a relevé en mettant en scène une comédie écrite en 1734 pour la troupe, mais qui ne fut guère représentée plus de deux fois…

A première vue, une longue pièce (2h10), intense en péripéties, mais qui marque un retour au classique, joyeux et léger, qui fait naître le sourire – et même le rire – sur nos lèvres plus d’une fois. L’humour de Marivaux est bien là, et la troupe au jeu d’acteur toujours impressionnant confirme le travail et le talent des comédiens, ainsi que la qualité des mises en scène de la Comédie Française.

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Tout paraît d’époque, on se croirait avoir reculé de 4 siècles, puis on se rend compte qu’il est finalement naturel de s’identifier aux intrigues qui se déroulent sur la scène, bien qu’elles paraissent lointaines.pushlepetitmaitrecorrige1718-08

On se rend compte alors que la pièce met ici le XVIIIe siècle en résonance avec notre époque. En effet, il est question de mariage, et ces noeuds amoureux et autres ébullitions de sentiments, par les attitudes des personnages, nous font indéniablement reconnaître celles d’aujourd’hui.
Il est en fait question des différences de comportement selon le milieu. Ainsi, les différents entre parisiens et provinciaux y sont parfaitement visibles, dans la mode, le ton qu’on emploie, et autres habitudes propres à une éducation.pushlepetitmaitrecorrige1718-05

Et là est bien le sujet traité par Marivaux: un petit maître, prétentieux et élégant, que les autres personnages ne manqueront pas de corriger…

Bien que le metteur en scène aie choisit de tout garder de l’époque, la scénographie nous montre un décor très épuré de dunes ondulantes ; et l’on devine la volonté de ne rien transposer dans la modernité, pour justement proposer quelque chose de neutre, souligner l’atemporalité de la pièce, et renforcer le lien entre Marivaux et nous.

Une représentation joyeuse mais profonde, qui laisse une forte impression tout en laissant place à la réflexion.

Juliette Guyon

Visuels : © Vincent Pontet

Le Petit-Maître corrigé
du 23/02/2018 au 12/04/2018
Comédie Française Paris
SALLE RICHELIEU
1 PLACE COLETTE
75001 – PARIS

https://www.comedie-francaise.fr

Lumière, verrière… à Paris dans les célèbres « Passages couverts » !

« Vous qui flanez sur les grands boulevards… y’a tant de choses tant de choses à voir (…) ». C’est vrai, il y a tant de choses à voir dans les fameux passages couverts parisiens, comme celui des Panoramas qui donne sur les célèbres Grands Boulevards…

Soirée entreprise Talivera, mardi soir à la découverte de ces passages insolites. La visite guidée par notre conférencière Marie-Sophie nous a entraîné du Palais-Royal, en traversant les passages Véro-Dodat, Vivienne, Colbert pour terminer par celui des Panoramas.

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Le Palais-Royal, début de notre visite : le groupe attentif aux explications de Marie-Sophie ! © G. Héras

Pourquoi ces passages ont-ils été construits ? Au temps de la Révolution Française, les rues de Paris sont encore boueuses, sans trottoirs ni égouts, et très mal éclairées. L’influence croissante de la bourgeoisie et le développement du commerce ont engendré la construction de ces passages couverts permettant aux Parisiens d’effectuer leurs achats en toute tranquillité, à l’abri des intempéries et du brouhaha de la rue. Ces passages datent pour la plupart des années 1800 et 1850.

Principalement situés sur la rive droite de la Seine, ils allient la modernité de verrières et d’éclairages au gaz avec un raffinement de sculptures et de mosaïques au sol. Celui de la galerie Vivienne est sans conteste un rappel des mosaïques italiennes de la Renaissance…

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Verrière du passage Colbert © G. Héras
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Galerie Vivienne: un gentleman sur le pavement mosaïque © G. Héras

Devenus des lieux de commerces de luxe et de cafés, souvent associés à un théâtre, ils sont parmi les rendez-vous parisiens préférés des flâneurs.  Les passages couverts font partie intégrante du charme de Paris et incitent à la balade au milieu de boutiques, dans un univers de librairies, d’antiquaires et de salons de thé.

C’est au terme du passage des Panoramas que nous avons terminé notre visite dans un restaurant par un petit quizz qui a motivé notre groupe en attendant les apéritifs ! Tous se sont montrés joueurs et ont répondu aux questions spéciales « Passage parisien » avec humour et… réflexion.

Une belle soirée qui se clôt par le « goût de la lumière » des passages couverts … A méditer….

Les passages parisiens, c’est aussi ici

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Les Panoramas : Théâtre des variétés et restaurants © G. Héras
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Passage Véro-Dodat, lumière et verrière ! © G. Héras